Jean-Bernard Pouy avec la collaboration de Patrick Bard nous emmène à la découverte de la célèbre ville de Pétaouchnock, qui, comme chacun le sait se trouve à Pétaouchnock. Jean-Bernard Pouy et ADK, c’est une longue histoire d’amour. On a déjà pu le constater avec les magnifiques ouvrages Je hais le cinéma et L’Expédition Sanders-Hardmuth. Patrick Bard, quant à lui est romancier et photographe. Il est l’auteur de L’Attrapeur d’ombres, qui mettait en scène un photographe devenu borgne en ex-Yougoslavie. Mais s’il doit se trouver une raison logique pour qu’il soit, ici, le photographe qui immortalise cette célèbre ville du fin fond du monde, et de la Russie, c’est dans son ouvrage Transsibérien, paru en 2003 aux éditions Marval qu’il faut la chercher.
Les illustrations de Pétaouchnock sont un mélange de crayonnés de JBP et de photographies floues de PB. Aussi bien les premières que les secondes permettent à la ville de garder son mystère. Comme à chaque fois que l’on débarque dans une ville russe, c’est d’un train qu’on descend. Donc, la première vision qu’on a, au moment de faire le premier pas, sur le marchepied du wagon, est celle du quai de la gare. Et ce n’est pas Dostoïevski - lui qui est cité en exergue avec ses Cahiers de la maison des morts - qui nous contredira. Il n’est pas un de ses grands romans où, à l’instar de l’Anna Karénine tolstoïenne, le train, et le voyage, ne prennent une part prépondérante au récit.
"Ceux qui affirment que Pétaouchnock n’existe pas sont des menteurs". Tel est le début de cette recherche concoctée par autant d’auteurs réels qu’imaginaires. Les célèbres Aloysius Perpillou et Jean-Erik Murren-Wergen, entre autres, côtoient donc nos deux larrons. D’histoire, il n’y en a pas, ou très peu. Comme à son habitude, JPB y va de ses précisions et bibliographies plus fantaisistes les unes que les autres, accompagnées d’annexes tout aussi loufoques. Le jeu consiste à se plonger dans le rêve délirant de JPB et à découvrir les astuces verbales de l’auteur. Pétaouchnock existe. Et JPB se bat, brillante démonstration prouvant l’existence de cette vile russe à l’appui, pour que l’adage nommant Pétaouchnock tout lieu impossible utilise à la place... Perpète-Les-Poêlons.
Pétaouchnock, comme les autres ouvrages publiés par cette maison d’édition, est avant tout une occasion de redécouvrir le plaisir de la langue française tout en suivant les élucubrations d’un auteur qui restent jouissives. Un ouvrage que l’on peut offrir, ou lire et relire, le soir au coin du feu de sa cheminée ou, à défaut, de son réchaud à gaz.
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| Jean-Bernard Pouy & Patrick Bard, Pétaouchnock, Antoine de Kerversau éditeur, décembre 2005, 48 p. - 10,00 €. |
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