Le livre de l’humour arabe de Jean-Jacques Schmidt est un mauvais livre. Oui, cela existe des mauvais livres... Longs, inutiles et contreproductifs... Déjà sa couverture est mauvaise. L’on y voit un homme portant sur son dos une femme. Inattendue peut-être, cette scène révèle cependant toute l’ignorance des infographistes pour qui tout cela est du pareil au même : Arabes, Turcs, Persans, Musulmans, Sunnites, Chiites... etc. regroupés dans un dessin qui ne dit rien plus que "ces gens-là"... En effet, les personnages représentés sont vêtues de tenues ottomanes (turques) ou persanes (iraniennes), mais en aucun cas arabes...
Toujours sur la forme, le titre est affligeant par rapport au contenu : un livre d’humour devrait faire rire. Tout au plus trouvera-t-on racontées quelques vagues sagesses orientales, qui ne vous arrachent rien d’autre qu’un sourire forcé et agacé.
Le fond à présent, présenté par l’éditeur en sa quatrième de couverture comme suit :
Les Arabes, musulmans et chrétiens, que l’on imagine, en Occident, austères, puritains et rigides, peu enclins au rire et à la plaisanterie, ont accumulé, en la matière, tout au long du Moyen Age, un patrimoine qui n’a rien à envier aux autres civilisations. À travers cette anthologie, on constate l’existence d’une grande liberté de ton parmi les hommes et les femmes des sociétés arabes de l’époque, d’un sens aigu des relations directes et franches et d’un grand attachement à l’esprit, au-delà des hiérarchies et des barrières sociales. La légèreté et la grivoiserie, ajoutées au sens de la répartie et de la dérision, sont les éléments caractéristiques de cet humour. Les ouvrages dans lesquels ont été puisées ces anecdotes comptent parmi les plus célèbres du genre adab (ou culture générale), qui consiste pour les Arabes à mêler le sérieux au plaisant, sans ordre strict, et à permettre tout à la fois d’amuser et d’instruire. Le lecteur pourra ainsi "folâtrer" librement dans ce livre, l’ouvrir à n’importe quelle page, avec la certitude de tomber sur une histoire drôle qui le fera rire - ou sourire.
Cette présentation reflète tout un état d’esprit que l’on retrouve dans les pages du livre.
Elle part du principe que l’Occident considère les Arabes comme des être sans humour ni finesse. Voilà une approche de la pensée occidentale pour le moins outrancière ! Ensuite elle laisse à penser qu’à l’époque (on ne sait pas laquelle) les Arabes avaient de l’humour dont ils seraient dépourvus aujourd’hui... ! Faut-il continuer ou le lecteur trouvera lui-même les critiques à formuler... ? Une seule bonne raison d’acheter ce livre : le donner pour exemple d’ouvrage ennuyeux....
Il y a 2660 signes dans cet article.