Touch of class
Les femmes possèdent des bagues, des bracelets, des boucles d’oreille, des colliers, des foulards, des broches, des épingles, des boas, des chapeaux et que sais-je encore pour se faire plaisir, se mettre en valeur, s’offrir en spectacle parce qu’elles le valent bien... Soit. Mais quid des hommes ? Le seul bijou qu’un homme digne de ce nom puisse arborer fièrement, qui correspond à son caractère, à son tempérament, à ce qu’il est en train de faire, de vivre, est la montre. D’où l’engouement de certains esthètes pour cet objet hors du commun dès qu’il est réalisé par l’un des maîtres horlogers que la Suisse a l’honneur de compter sur son sol. La montre est donc une œuvre d’art que l’homme peut porter à son poignet, ou un objet de très haute technologie qui l’accompagne dans son quotidien. Assortie à son costume, sportive pour les moments de détente, la montre est la petite touche qui fait tout. Elle différencie l’hédoniste du manant qui n’en a cure. Elle peut n’être pas simplement utilitaire et relever pleinement de l’esthétique, une discipline qui hélas, dans notre pays, n’est guère enseignée dans les cours de philosophie des classes de terminale. C’est bien dommage, car de l’esthétique découle tout un art de vivre. Le souci du détail, la précision... La recherche de l’harmonie dans la sophistication inutile, l’art de vivre dans un monde en ébullition.
Ce livre génial, petit par la taille mais grand par la somme d’informations et de photos qu’il comporte, nous le devons à Hervé Borne, rédacteur en chef adjoint de Montres Magazine, autant dire un spécialiste. C’est donc un voyage complet qui ira, au terme des 256 pages de l’ouvrage, des montres mythiques aux parures branchées que les couturiers du moment tentent d’imposer comme ultime signe de distinction. Mais la "montre tendance" ne pourra jamais remplacer l’authentique chef-d’œuvre Rolex ou Audemars Piguet, car un logo ou un nom de marque, si prestigieux soit-il, ne vaudra jamais une montre d’horloger. C’est avant tout du business, et il faut y voir un simple accessoire de mode et non une montre dans la droite ligne des traditions horlogères.
C’est un objet fantaisie, même si son prix n’a rien de fantaisiste, mais ce n’est pas un objet précieux réalisé à la main et issu d’une technologie mécanique à l’extrême précision. Seules les montres Louis Vuitton peuvent s’enorgueillir de n’être pas que des montres logotypées : elles n’existent que depuis 2002, mais ont été lentement pensées et travaillées, fabriquées à la Choux-de-Fonds, en Suisse, dans la plus pure tradition de complexité et de précision horlogères au point qu’elles ont, d’emblée, été considérées comme les égales des montres les plus renommées. La marque présente des collections comportant des chronographes, des montres de régate, de plongée, des doubles fuseaux horaires, et même un tourbillon...
D’autres mariages se font aussi, entre une marque et un événement sportif, ce qui donne naissance à des modèles exclusifs et en séries limitées pour célébrer une course automobile, une régate, une épreuve d’athlétisme... Chopard, Lancel, Corum, IWC, Breitling... sortent alors des pièces commémoratives exceptionnelles que les collectionneurs s’arrachent.
C’est à Genève, capitale mondiale de l’horlogerie, que les plus belles ventes aux enchères ont eu lieu ; en 2004 un nouveau record a été battu avec un chiffre d’affaires de plus de 61 millions d’euros ! À comparer aux exportations horlogères suisses qui ont dépassé les 7 milliards d’euros en 2004 pour un peu plus de 25 millions de pièces... sur 1,5 milliard de montres vendues dans le monde.
Le plus petit mouvement mécanique à remontage manuel est le calibre 101 de Jaeger-Le Coultre inventé... en 1929 : rectangulaire, il occupe un volume de 0,2 cm3 avec une hauteur de 3,4 mm et un poids inférieur à un gramme ! Le mouvement le plus linéaire est le fruit des recherches menées par Corum, en 1980, avec une épaisseur de 3 mm.
On le voit, les montres sont aussi une branche non négligeable de l’économie mondiale.
Entre toutes, laquelle choisir ? Chopard, Ebel, Chaumet, Breguet, Rolex (la plus connue), Cartier, Bulgari, Baume & Mercier, Oméga, Longines, Zenith, Patek Philippe (la plus prestigieuse), Vacheron Constantin (la plus ancienne manufacture horlogère au monde, née en 1755), Blancpain... Pour vous y aider, une méthode : déterminer d’abord ce que l’on cherche. Un chronographe à aiguille rattrapante ou une monde de ville, une montre mécanique avec indicateur de réserve de marche ou une montre à quartz, un quantième perpétuel, une montre à répétition à minutes ou à heures sautantes, un tourbillon ? Elles sont toutes là, qui vous attendent. Ne les laissez pas s’impatienter...
Il y a 4742 signes dans cet article.