http://www.lelitteraire.com
l'Actu des livres
 Contacter
 Pierre Grouix
Ses derniers articles :
Pour me consoler de la mort, j’ai le rêve
Autour d’un inédit de Knut Hamsun
73 poèmes
Les Blondes - une drôle d’histoire, d’Aphrodite à Madonna
Les Antillais à Paris, d’hier à aujourd’hui
La Turquie en marche
Demi-lune
Dans la jungle du Rhin
Carl Th. Dreyer, Le Mystère du vrai
Auden ou l’oeil de la baleine
Connaissez-moi par mon inconnu
Starck
L’usage de la photo
Le Chant des sirènes : De Homère à H.G. Wells
Grains d’Aran
Le Poète ne cotise pas à la sécurité sociale
De la divination - De diuinatione
Le Départ
Carnets de ronde
Auschwitz, les Nazis et la solution finale
  
4022 articles en ligne


Romans
afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article

Il n’est d’enquête plus délicate que celle que l’on mène sur soi-même. Formé par Jacques Derogy, Jean-Marie Pontaut est l’un des meilleurs journalistes d’investigation français. Il a pourtant attendu l’âge adulte pour écrire ce Bildungsroman dans lequel il entend redonner vie à des visages disparus, à commencer par le sien en enfant. Tel est le sens de l’exergue emprunté à Ana-Maria Matute :
J’ai enfin trouvé ce que je voulais devenir plus tard : un petit garçon.

Le fils de la conteuse, de la princesse du prêt-à-rêver se met à raconter à son tour. C’est un roman familial tant y est vivante cette famille qui doit sa fortune à une création géniale de l’aïeul, un biscuit, la demi-lune Mangari. Le grand-père Papou (et sa "tu meurs"), Madeleine la mère sont les premières rencontres. La famille quitte Bordeaux pour gagner Paris, paradis perdu où la mère a laissé sa gaieté. Là débute un nomadisme de grand luxe à travers d’innombrables hôtels. Paris, c’est aussi les amitiés, les dialogues pour un enfant qui vit entièrement à part, l’école buissonnière urbaine, les repérages dans un nouveau territoire, les premières amours et l’étrange servage qu’est la beauté féminine (le grand secret, Florence puis Sylvia). Le cinéma est une religion.

Le portrait d’une certaine France à une certaine époque mais surtout la famille, sa vie, son évolution. Heurts et bonheurs, départs se succèdent pour cette tribu, ces romanichels de Paris, bientôt soumis aux gérants d’hôtel, le fond du pot. La mère se remarie et le père part : 
Il va falloir nous habituer à vivre sans lui. Ce désastre sonne le glas de nos années d’insouciance, la fin du bonheur.
Le départ de la capitale va nourrir un secret et assez balzacien souhait de revanche :
Pris de colère, je me jure alors que je réussirai plus tard et reviendrai à Paris en vainqueur. J’achèterai un somptueux appartement dans le XVIe, où j’installerai maman et mes conquêtes. J’y donnerai des fêtes à tout casser, et, cette fois, nous serons "du bon côté de la fenêtre".

Que reste-t-il de cette soustraction avec virgule ? L’enfance, Dinky Toys et Colt 45 Frontier. Et par là tout est dit. Ce n’est pas un Meccano, la boîte n° 0, une grue minable, que l’on construit ici, mais un passé d’homme. Quel sens aussi donner au mot "demi-lune" ? Outre celui du biscuit familial, peut-être celui d’amour voilé tant le grand amour est la lune (Il se jette à ses pieds, il lui promet la lune, le grand amour, celui qui dure toujours.). Ce roman traite d’une vie en ombre et lumière. Et du sort des hommes, parfois mal luné, que la bonne étoile de Maman ne suffit pas toujours à éclairer.

Vincent, "celui qui voit à l’envers" (son surnom indien) regarde en arrière, se voit dans le miroir qui revient. Et ce sont les siens qu’il aperçoit.



Il y a 2793 signes dans cet article.
Pierre Grouix, le 18 mai 2005 - article1609.html
Jean-Marie Pontaut, Demi-lune, Fayard, février 2005, 332 p. - 18,00 €.
©2004-2010 LELITTERAIRE.COM.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (texte, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par lelitteraire.com. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de La Rédaction.

Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)


afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article
générer une version PDF de cet article Version PDF



LA MUETTE
Les éditions Les Aresquiers au Festival de poésie VOIX VIVES de Méditerranée en Méditerranée
Siel de Paris !
 
http://www.lelitteraire.com
Les articles les plus consultés
 Recherchehttp://www.lelitteraire.com

Romans | Nouvelles | On en parle | Pôle noir | SF | Essais/documents | Inclassables | Poésie | Poches | Chapeau bas ! |
On jette ! | DVD | Théâtre | Les érotiques | Événements | Entretiens | Dossiers | BD | Jeunesse | Manga |
Beaux livres | Arts croisés | Le littéraire TV |

Copyright © 2004-2010 lelitteraire.com - Tous droits réservés - 
Site optimisé 1024x768 - IE 5x et +, Firefox 3.0.3 et +, Safari 4.0 et +

Rédaction
Contacts
Mentions Légales