Résumé rétrospectif de l’univers sensualo-érotico-émotionnel de Yukio Mishima. Sept nouvelles allant des débuts littéraires jusqu’en 1965, quelques années avant sa mort à 45 ans. Sept textes pour retracer une vie d’interrogations. "Une histoire sur un promontoire", c’est le vertige d’un garçon de 11 ans devant le monde de beauté incarné par une jeune femme rencontrée au "pays de l’ardent été perpétuel". Avec cette joie qui jaillit dans la monotonie insupportable de l’enfance, naît un sentiment de plaisir coupable et illicite qui ne fait que s’accroître au fil du temps. Fascination pour les femmes scandaleuses, les liens ambigus, l’homosexualité féminine, c’est l’époque, après la guerre, dans un Tokyo dévasté, des études. Le jeune homme apparaît comme passif, toujours jouet des femmes, lui-même féminin. Puis vient le goût de la cruauté, du sang et de la mort comme émotion suprême de l’amour, par essence éphémère. Dans le dernier texte, "Une matinée d’amour pur", un couple depuis plus de vingt ans résiste de toutes ses forces à la décomposition et au pourrissement des sentiments et du désir par des jeux érotiques avec de jeunes gens. Le plus sublime baiser de leur dernier matin s’envolera, œuvre inachevée, sous les coups de poignard .
Aucune fraîcheur ne survit, l’amour et le sexe ne sont finalement que frustration, les faits exposés dans chacune des nouvelles démontrent implacablement dans une écriture éblouissante l’inévitable agonie. Mishima, lui, abrègera la sienne. Né en 1925, mort en 1970 par seppuku, suicide rituel au sabre, après avoir remis le jour même à son éditeur le dernier tome de son œuvre majeure La mer de fertilité. Le succès ne lui a pas manqué puisqu’il a reçu les trois plus grands prix littéraires du Japon et a connu une grande popularité dès 1960. Mais sa participation à un coup d’État raté, après la création en 1968 de son armée privée, la Société du bouclier, l’ont mis au défi de fuir le déshonneur.
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| Yukio Mishima, Une matinée d’amour pur (traduit par Ryôji Nakamura et René de Ceccatty), Gallimard, 2003, 238 p. - 19,00 €. |
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