Thomas Winter se morfond dans un emploi sans sel au sein des assurances Phénix. Il est un peu serré aux entournures dans son studio du Xe arrondissement de Paris et se contente d’une passade avec une femme mariée le samedi après-midi. Son premier roman a atteint royalement les 79 exemplaires, amis et familles confondus. Le cap de la trentaine a été dépassé. Les journées se suivent. Vers quel avenir ?
Trop serviable, trop gentil, toujours partant pour rendre service, Tom - pour les intimes - va tomber dans le piège que Reine (tout un message !), son éditrice, va lui tendre : rédiger la biographie du célèbre violoniste Sacha Winter. Outre l’amusante homonymie du patronyme, Thomas va succomber aux milliers d’euros d’à-valoir et aux brillances du monde magique dans lequel évolue le virtuose. Direction les bords du lac Léman, dans une propriété grandiose sise à Rolle, face aux contreforts des Alpes françaises. Le nègre y sera reçu comme un prince, et passera ses journées aux côtés du grand homme qui lui racontera sa vie. La belle Laura, sa nièce, surveillera le jeune homme du coin de l’œil...
Satire du petit monde interlope de l’édition, ce nouvel opus de Max Genève est corrosif à souhait. Dans un style léger qui donne le plaisir d’une lecture facile et agréable, il parsème son récit de petites piques bien senties envers certains marchands du temple qui confondent livre et paquet de lessive. Usant parfois de grosses ficelles, il n’en pratique pas moins un humour constant qui l’empêche de se prendre au sérieux. Davantage d’avantages avantagent davantage, ose-t-il en paraphrasant l’un de ses personnages. Pétillant, donc, et géographiquement intéressant pour qui connaît la région, ou qui veut découvrir l’ambiance des rives vaudoises où Bélà Bartók écrivit son célèbre Divertimento dans un petit chalet, la villa Ällen, à Saanen, sur la route de Gstaad.
NB - Ce roman a reçu le prix Livre et musique de la ville de Deauville 2005, catégorie "roman".
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