http://www.lelitteraire.com
l'Actu des livres
 Contacter
 Julien Védrenne
Ses derniers articles :
Deux romans pour explorer les années 30
De Venise à Rome : que de noirceur...
Trois souris noires insouciantes accompagnent un triste rat noir
L’Affaire du chien des Baskerville
Le Doute nécessaire
L’Homme du lac
Rapt de nuit
Tohu-bohu
Le Fantôme de Baker Street - Les Portes du sommeil
Soleil noir - Belleville-Barcelone
Petites souris...
Personne n’est parfait
La Dame des ténèbres
Le Numéro 7
ADK héritier de Dac et de L’Os à moelle
L’Interprétation des meurtres - Rentrée 2007
Bulles noires en ligne rouge...
Je ne mourrai pas gibier - La Brigade de l’œil
Le Poulpe puissance 3
Le Tour maudit
  
4695 articles en ligne


Dossiers
afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article


Pour une présentation de l’ensemble du "dossier Dostoïevski" dont cet article constitue le huitième volet, lire notre article d’introduction, où figure la liste des oeuvres chroniquées.

Un cœur faible (Slaboié serdsé en russe) est le huitième des récits de Fédor Dostoïevski, écrit en 1848. C’est une nouvelle de quatre-vingts pages, présentée ici avec une couverture illustrée d’une peinture de l’artiste français Édouard Vuillard (1868-1940), Portrait de Lugné-Poe (1891, peinture exposée au Memorial Art Gallery of the University of Rochester, à New York).

Vassia Choumkov et Arkadi Ivanovitch Néfédévitch, deux jeunes collègues de bureau, ont pour tâche essentielle de copier des documents administratifs. Ils partagent un même logement et vivent modestement mais avec toute l’énergie que leur confère leur jeune âge. Vassia Choumkov souffre d’une certaine difformité : il est bossu.

Le jour du Nouvel An, Vassia entre en trombe dans leur logement. Il est amoureux d’une jeune fille, Lisanka Artémiev, qui l’aime aussi ! Son cœur bat la chamade. Le pauvre garçon est tout retourné. Ses propos sont hachés et partent dans tous les sens tellement sa joie est grande.

Aussitôt, nos deux jeunes compères retournent, pour le plus grand plaisir de Lisanka et de sa mère, dans la demeure des Artémiev. Ils ne peuvent rester longtemps : Vassia Choumkov a du travail à faire pour Ioulian Mastakovitch - son protecteur actuel - un personnage que l’on a déjà croisé, sous des traits fort déplaisants, dans Les Annales de Pétersbourg. 
Pour lui, Vassia doit accomplir en quarante-huit heures un travail qui devrait s’étaler sur trois jours. Il s’attelle à sa tâche. La première nuit avance et Arkadi Ivanovitch doit forcer son ami à se coucher une petite heure.

À partir de là, le rythme s’accélère. Pour gagner les faveurs de sa belle, Vassia multiplie les efforts et sombre, peu à peu, dans une folie accentuée par la fatigue. Arkadi Ivanovitch ne comprend pas pourquoi Vassia se démène autant mais son camarade finit par lui expliquer qu’il a négligé son travail durant les trois dernières semaines, occupé qu’il était à courtiser la divine Lisanka. Et ce qu’il doit achever en quarante-huit heures ne représente pas trois jours de travail mais vingt et un !

Vassia Choumkov ne peut se décider à expliquer à Ioulian Mastakovitch l’aventure qui lui est arrivée. Arkadi Ivanovitch se propose bien de s’en charger mais en ce Jour de l’An, les bureaux sont fermés et pour ce qui est d’aller chez Ioulian Mastakovitch, il ne faut pas y songer.

Pendant ce temps, Vassia court partout, effraie tout le monde par cette fièvre qui s’empare de lui et finit par sombrer totalement dans la folie, au plus grand désespoir de Lisanka, d’Arkadi Ivanovitch et de Ioulian Mastakovitch pour qui ces papiers n’étaient pas si importants et pouvaient souffrir un retard.

Ici encore, Dostoïevski traite d’un sujet qui lui est cher, la folie. On la voit arriver, inéluctablement. Le poids du destin. Cet être qui se croyait, à cause de sa difformité, condamné à ne vivre l’amour qu’en rêve se retrouve aimé et se jette à corps perdu dans une histoire qui le perdra sous les regards effarés de ses proches. L’aventure sentimentale de Vassia a tout pour être belle. Dès le début, on sent que l’année s’annonce radieuse et les festivités du Jour de l’An sont propices à la joie - mais la négligence professionnelle du triste Vassia vient tout balayer.



Il y a 3447 signes dans cet article.
Julien Védrenne, le 29 mars 2005 - article1326.html
Fédor Dostoïevski (Traduction d’André Markowicz), Un cœur faible, Actes Sud coll. "Babel" (vol. n° 430), 2000, 80 p. - 5,00 €.
©2004-2012 LELITTERAIRE.COM.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (texte, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par lelitteraire.com. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de La Rédaction.

Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)


afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article
générer une version PDF de cet article Version PDF



Tolkien, un auteur à (re)découvrir.
Entretiens sur l’art
Jacques Rancière à Marseille
 
http://www.lelitteraire.com
Les articles les plus consultés
 Recherchehttp://www.lelitteraire.com

Romans | Nouvelles | On en parle | Pôle noir | SF | Essais/documents | Inclassables | Poésie | Poches | Chapeau bas ! |
On jette ! | DVD | Théâtre | Les érotiques | Événements | Entretiens | Dossiers | BD | Jeunesse | Manga |
Beaux livres | Arts croisés | Le littéraire TV |

Copyright © 2004-2012 lelitteraire.com - Tous droits réservés - 
Site optimisé 1024x768 - IE 5x et +, Firefox 3.0.3 et +, Safari 4.0 et +

Rédaction
Contacts
Mentions Légales