http://www.lelitteraire.com
l'Actu des livres
 Contacter
 Daniel Leduc
Ses derniers articles :
Le Petit Violon - Rentrée 2006
Putain de froid sec
La petite trotteuse
L’homme qui mangeait la mort - Rentrée 2005
Lointaines écritures
Une brûlure sur la joue
Instant donné
Carnets respiratoires
NYC
Géographie parallèle
Retour à Zornhof - Rentrée 04
Paris ne finit jamais - Rentrée 04
Mordre dans la pierre
L’Américain
Pinok et Barbie
Echangerais nuits blanches contre soleil même timide
Veux-tu ?
Les Yeux dans la couleur
Mahmoud Darwich dans l’exil de sa langue
Dix centimètres loi Carrez
  
3807 articles en ligne


Poésie
afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article


(Ceci n’est pas la couverture
du livre - NdR)
Paroles ciselées, hachées, découpées selon des pointillés intérieurs, ces poèmes - d’un instant donné - s’articulent autour de sensations immédiates et de mémoire réincarnée. Saisis par ces instantanés, nous nous voyons dans des éclats de miroirs, comme diffractés en nous-mêmes, pour mieux recomposer l’essence de notre monde. Ici la langue se veut économe, précise et précieuse (au sens de rare) ; et lorsqu’on en perçoit le rythme syncopé par la peau, les muscles et les entrailles, et pas seulement le crâne, le poème se dévoile - puzzle qui se rassemble en une figure de nudité, aussi vraie que puisée, en amont, à la source des choses.
 
La mort, ô combien présente, est distanciée par une telle écriture fragmentée, laquelle, immanquablement, tue toute velléité de lyrisme dans l’œuf - effet où termes et sentiments se conjuguent pour donner un temps indéterminable, sans aucune mesure. Solitude/réunion forme un concept qui domine. De même que dominent paradoxes, oxymores, non tant par les mots eux-mêmes, que par des associations d’idées contraires, des aimantations opposées qui s’attirent.
 
Monologue où le lecteur s’invite, apportant son propre viatique : on reconnaît dans ces mots mâchés quelque chose de soi que l’on aurait oublié au plus profond de la gorge -- quelque chose de l’expérience de l’Homme sur le chemin accidenté des jours. Ce sont bien des reflets ces poèmes, reflets qui réfléchissent le tu et le pensé. Oui, c’est dans l’autre où l’on puise ces ronds dans l’eau que sont nos vies en résonances (plusieurs vies dans la même) ; c’est par l’autre que l’on a connaissance de ses propres échos.
 
La poésie a cela de tangent qu’elle frôle sans cesse l’abîme pour accéder aux cimes - le risque étant principe même du poème. Itérations de formes, de vocables et de sons ; récurrences de thèmes : mer, mort, mot, solitude et rencontre ; mouvance du niveau du langage ; ruptures dans l’élan, coupures dans le lien ; silences qui parlent, parole qui tait. La poésie a cela d’elliptique qu’elle dit plus que le nombre. Elle se chiffre, se déchiffre : de l’infime au grandiose, du zéro à l’infini.
 
Tu
ne parles pas. Parle
en toi la langue. La mienne,
 
la tienne. Elle ne parle
pas sans nous.
 
Elle se tait. Est
sans nous.
 
Pour que chacun
encore soit autre : au moins,
 
ici autant d’étoiles.
 
NB : on peut se procurer les livres sur le site de l’éditeur


Il y a 2415 signes dans cet article.
Daniel Leduc, le 4 janvier 2005 - article1254.html
Gérard Bayo, Instant donné - édition bilingue français-allemand (traduction de Rüdiger Fischer), Editions En Forêt / Verlag Im Wald, 2004, 146 p. - 12,00 €.
©2004-2010 LELITTERAIRE.COM.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (texte, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par lelitteraire.com. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de La Rédaction.

Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)


afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article
générer une version PDF de cet article Version PDF



Les débats de La fabrique - février 2010
"Continents noirs" fête ses 10 ans !
Les "Samedis Littéraires" du Lutetia
 
http://www.lelitteraire.com
Les articles les plus consultés
 Recherchehttp://www.lelitteraire.com

Romans | Nouvelles | On en parle | Pôle noir | SF | Essais/documents | Inclassables | Poésie | Poches | Chapeau bas ! |
On jette ! | DVD | Théâtre | Les érotiques | Événements | Entretiens | Dossiers | BD | Jeunesse | Manga |
Beaux livres | Arts croisés | Le littéraire TV |

Copyright © 2004-2010 lelitteraire.com - Tous droits réservés - 
Site optimisé 1024x768 - IE 5x et +, Firefox 3.0.3 et +, Safari 4.0 et +

Rédaction
Contacts
Mentions Légales