Le Poulpe se retrouve mystérieusement invité à Cuba. Pedro, son fournisseur officiel d’armes, est mort. Cheryl, l’amour de sa vie, envolée et Gabriel s’est brouillé avec toute la compagnie du Pied de porc à la Sainte-Scolasse.
L’avenir, s’il promet d’être ensoleillé ne s’annonce pas rose pour autant. Des démons viennent hanter Le Poulpe. Il est encore plus parano qu’avant et complètement dérangé. Comment savoir si ce qu’il vit est réel ou irréel ? Heureusement, Gabriel reprend petit à petit goût à la vie à travers ses amours cubaines. De nouveaux repères se créent et Le Poulpe retrouve des raisons de se battre. D’autant qu’il vit un rêve : il va rencontrer El commandante en personne. Fidel Castro, l’icône emblématique d’une nation. Celui qui incarne encore la lutte contre l’ennemi américain.
Alors que Paris croule sous les graffiti Libérez Battisti, enfermez Dantec, Le Poulpe rencontre un personnage bien plus déjanté et parano que lui, le sieur Moritz Dante qui se berce d’une douce utopie tout en étant spirituellement convaincu de sa supériorité sur le genre humain. Pendant ce temps, Gabriel attend de recevoir les confidences castristes. Il ne se doute pas un seul instant de ce que de tels propos vont impliquer.
Jean-Jacques Reboux, qui n’en est pas à son premier roman et n’a pas hésité à créer sa maison d’édition (Canailles) à l’époque où il ne trouvait pas d’éditeur, signe ici son troisième Poulpe. Celui-là est loin d’être le plus abouti. Poste mortem et Le Massacre des innocents (Baleine n° 6 et 117) étaient de vrais romans noirs stylisés. Depuis, Jean-Jacques Reboux traîne un spleen visible dans ses écrits. Les errements du Poulpe sont un peu les siens. Si l’on peut regretter ses façons criminelles de détruire la bible du personnage créée par Jean-Bernard Pouy, auteur premier et créateur du Poulpe avec La Petite écuyère à cafté (Baleine, Le Poulpe, n°1, 1996) on ne peut qu’être intrigué par les raisons qui poussent un auteur à adopter un personnage repris déjà à plus de cent cinquante reprises.
L’amateur des premiers Poulpe sera un peu perdu. Inutile de dire que c’est fait exprès. La question est de savoir si c’est un bien. Ce qui est sûr, c’est que la mort éditoriale du Poulpe, programmée avec le départ de l’équipe originale de Baleine (emmenée par Antoine de Kerversau), est une mort lente, trop lente...
Il y a 2374 signes dans cet article. |
| Jean-Jacques Reboux, Castro, c’est trop !, Baleine, 2004, 347 p. - 6,50 €. |
| ©2004 LELITTERAIRE.COM. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (texte, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par lelitteraire.com. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de La Rédaction. |
|
Envoyer l'article à un ami
Imprimer cet article
Version PDF
|