L’actu

Un spec­tacle qui ne manque jamais de sol­li­ci­ter l’attention sans par­ve­nir à sus­ci­ter le plus grand intérêt 

Sur la pel­li­cule dia­phane qui rend à peine per­cep­tible ce qui est sur scène dégou­line sou­dain une flaque rouge ; aus­si­tôt le rideau se lève sur un décor curieux, comme une jungle ama­zo­nienne ordon­née, faus­se­ment appri­voi­sée. S’engage une conver­sa­tion mys­té­rieuse, égre­nant les pré­mices d’une énigme qui ne ces­sera de se déve­lop­per et d’entremêler son éche­veau. Le pro­pos, ini­tia­le­ment indé­ter­miné, prend un tour dif­fé­ren­cié, tou­jours psy­cho­lo­gique, volon­tiers psy­cha­na­ly­tique, tan­tôt méta­phy­sique.
Tous les dia­logues sont empreints d’ambiguïté ; de longues confes­sions, des inquié­tudes nour­ries concer­nant un trai­te­ment céré­bral lobo­to­mi­sant, des échanges qui se veulent déter­mi­nants, tout cela reste sans résolution.

Des visions, des hal­lu­ci­na­tions se confrontent dans l’immobilité d’un exa­men sta­tique. Le sou­ve­nir de nuées d’horreur se mêle aux évo­ca­tions de moments de bon­heur ; la recons­ti­tu­tion d’une mémoire se mani­feste comme consu­ma­tion des âmes en pré­sence. Il s’agit bien sûr d’une confron­ta­tion entre per­sonnes, qui s’affiche rapi­de­ment sans issue : dès lors, il convient de savoir si le pro­pos conquiert la valeur édi­fiante que méritent ses pré­ten­tions.
A cet égard, en dépit de la jus­tesse indé­fec­tible des acteurs, de la mise en scène bien sen­tie, les dia­logues sont tra­his par des lon­gueurs. Les expli­ca­tions ne semblent jamais se dépar­tir de la condi­tion sociale de l’héritier ; la démarche d’élucidation, qui ne trou­vera pas de terme, ne se montre pas riche d’enseignements. On assiste donc à un spec­tacle qui ne manque jamais de sol­li­ci­ter l’attention sans par­ve­nir à sus­ci­ter le plus grand intérêt.

chris­tophe giolito


Sou­dain l’été dernier

de Ten­nes­see Williams

mise en scène et scénographie 

photo © Éli­za­beth Carecchio

avec Jean-Baptiste Anou­mon, Océane Cai­raty, Vir­gi­nie Cole­myn, Bou­taïna El Fek­kak, Glenn Marausse, Luce Mou­chel, Marie Rémond

Tra­duc­tion Jean-Michel Déprats, Marie-Claire Pas­quier ; col­la­bo­ra­tion artis­tique Anne-Françoise Ben­ha­mou ; assis­tante à la mise en scène Amé­lie Énon ; col­la­bo­ra­tion à la scé­no­gra­phie Alexandre de Dar­del ; assis­tante à la scé­no­gra­phie Lisetta Buc­cel­lato ; cos­tumes Thi­bault Van­crae­nen­broeck ; lumière Marion Hew­lett ; Son Xavier Jac­quot ; vidéo Fran­çois Gestin.

pro­duc­tion Odéon-Théâtre de l’Europe

avec le sou­tien du Cercle de l’Odéon

Sud­denly Last Sum­mer by Ten­nes­see Williams
L’auteur est repré­senté dans les pays de langue fran­çaise par Renauld & Richard­son, info@paris-mcr
en accord avec Casa­rotto Ram­say Ltd, Lon­don.
Sou­dain l’été der­nier est pré­senté en accord avec The Uni­ver­sity of the South, Sewa­nee, Tennessee.

Au Théâtre de l’Odéon, place de L’Odéon, 75006 Paris,

Du 10 mars au 14 avril, durée esti­mée 1h45.

Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h, relâche excep­tion­nelle le dimanche 12 mars.

Tour­née

Théâtre du Gym­nase, Mar­seilleMardi 25 Avril 2017 / 20h30, Mer­credi 26 Avril 2017 / 19h00, Jeudi 27 Avril 2017 / 20h30, Ven­dredi 28 Avril 2017 / 20h30, Samedi 29 Avril 2017 / 20h30 ;

Pic­colo Tea­tro, Milan, Jeudi 11 Mai 2017 / 19h30, Ven­dredi 12 Mai 2017 / 20h30, Samedi 13 Mai 2017 / 19h30, Dimanche 14 Mai 2017 / 20h30.

One Response to L’actu

  1. lallemant

    Bon­jour,
    bravo pour vos com­men­taires très inté­res­sants et com­plets. Si il existe une lettre je serai heu­reuse de la rece­voir.
    Merci

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