A oublier

Hysté­rie filmique

Film de rêve de star, film sur l’enfance,  Ma vie avec John F. Dono­van est l’oeuvre d’un méga­lo­mane qui, par trop d’excès, tombe en une cer­taine suf­fi­sance.
Com­men­çant par la fin et struc­turé en flash-back (ce qui est tou­jours mau­vais signe), le film se vou­drait hol­ly­woo­dien tout en cher­chant une vérité. Mais celle-ci reste des plus quel­conques sans doute parce que l’opus n’est que nar­cis­sique — ce qui n’empêche pas cer­tains beaux moments.

Ne ces­sant de sur­li­gner son pro­pos, Dolan casse la rêve­rie ou l’imaginaire du spec­ta­teur pris en otage par tant d’explications et d’effets frus­trants. On est désor­mais loin de Momie.
L’hystérie devient insup­por­table dans ses fer­me­tures et ses outrances faciles en ce qui se vou­drait une mise en abyme. D’autant que la musique de la bande-son devient imbuvable.

Il exis­tait pour­tant bien des pistes pos­sibles pour tra­quer un mys­tère. Mais il tombe dans l’anecdote. Fai­sant son auto­por­trait à tra­vers un enfant admi­ra­tif, Dolan s’est pris les pieds dans un mon­tage chao­tique et peut-être par trop d’ambition ou à l’inverse par un tra­vail bâclé plus ou moins imposé vu les condi­tions de la pro­duc­tion américaine.

Tout est sur­joué là où S. Sur­an­don et N. Port­man font ce qu’elles peuvent. Trop confiant en sa méga­lo­ma­nie et son écri­ture, le réa­li­sa­teur semble ne pas savoir où et com­ment mener son Dono­van. Il donne par­fois l’impression de bri­co­ler avec sa gram­maire où se retrouvent — de manière atone — ses tics (dont les gros plans) et des élé­ments super­fé­ta­toires et expli­ca­tifs (dont l’entretien final) mal venus.
Bref, le film est un rela­tif ratage. Cela arrive aux plus grands. A ceux qui le sont moins aussi.


Ma vie avec John F. Dono­van
De : Xavier Dolan
Avec : Kit Haring­ton, Nata­lie Port­man, Jacob Trem­blay
Genre : Drame
Durée : 2hH03mn
Date de sor­tie :  13 mars 2019

Synop­sis

Dix ans après la mort d’une vedette de la télé­vi­sion amé­ri­caine, un jeune acteur se remé­more la cor­res­pon­dance jadis entre­te­nue avec cet homme, de même que l’impact que ces lettres ont eu sur leurs vies respectives.

 

5 Responses to A oublier

  1. DO

    il demeure d’enverguRe moyenne … juste en deuxième ligne avant la fin de cet article …

  2. Myrtie

    Bon­jour,
    Votre article tombe à pic, merci pour celui-ci, votre site est sympa.

  3. Christiane Beaudoin

    Vrai­ment …
    Votre article est plus jouis­sif que le film

  4. Jacques Richard

    Votre article fait œuvre de salu­brité publique par ces temps où plus que jamais les cuistres essayent de se faire pas­ser pour des pen­seurs. Quant à la bêtise, “un sot trouve tou­jours un plus sot qui l’admire”. C’est l’éternelle his­toire de la paille et de la poutre. Merci et… encore !
    J. R.

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