A oublier

Sucre­rie

Présen­tée sou­vent comme la nou­velle diva du Jazz, Mélo­die Gar­dot n’en n’est qu’un ersatz. Certes, nul ne peut contes­ter la qua­lité de sa voix.
Mais elle est au ser­vice — et plus par­ti­cu­liè­re­ment dans cet album -  d’une confi­se­rie même lorsqu’elle inflige un  reloo­king musi­cal à cer­tains standards.

Tout reste siru­peux et fluc­tue dans un mate­las de tur­bu­lences atté­nuées et asep­ti­sées. La dia­pha­néité est une mince pel­li­cule. Elle ne rend en rien sen­sible le magné­tisme qui fit un temps le piment de l’égérie jazzy.  L’album pos­sède tou­te­fois de quoi plaire à un très large publique intoxi­qué de musique plus ou moins « ambient ».
Tout est cali­bré, doux, petit bra­quet sous des nappes de violons.

Il n’existe pas la moindre prise de risque. L’auditeur n’est jamais décon­te­nancé puisqu’il reste en ter­ri­toires conquis. Ce pro­duit mar­ke­ting est le type même de l’album anec­do­tique. La musique, mélo­dique à sou­hait, demeure d’une sen­sua­lité conve­nue loin de toutes herbes folies ou audaces afin de trous­ser ou d’illustrer l’idée majeure que les his­toires d’amour finissent mal en géné­ral.
Pas de quoi en faire un fro­mage. Fallait-il en faire une galette ? C’est discutable

Le smooth jazz a donc trouvé sa nou­velle ver­sion Mais nous demeu­rons bien en-deçà d’une Sade ou de Lisa Ken­dall. C’est dire si Melody Gar­dot est fort éloi­gnée des grandes heures du jazz. Billie Holi­day doit se retour­ner dans sa tombe en goû­tant de telles confi­se­ries.
La blonde pur­pu­rine  rôde autour du jazz pour le faire per­du­rer dans une ver­sion commerciale.

écou­ter un extrait

jean-paul gavard-perret

Melody Gar­dot, Sun­set in the Blue, Decca, 2021.

7 Responses to A oublier

  1. DO

    il demeure d’enverguRe moyenne … juste en deuxième ligne avant la fin de cet article …

  2. Myrtie

    Bon­jour,
    Votre article tombe à pic, merci pour celui-ci, votre site est sympa.

  3. Christiane Beaudoin

    Vrai­ment …
    Votre article est plus jouis­sif que le film

  4. Jacques Richard

    Votre article fait œuvre de salu­brité publique par ces temps où plus que jamais les cuistres essayent de se faire pas­ser pour des pen­seurs. Quant à la bêtise, “un sot trouve tou­jours un plus sot qui l’admire”. C’est l’éternelle his­toire de la paille et de la poutre. Merci et… encore !
    J. R.

  5. ANNE-MARIE JEANJEAN

    Grand Merci ! Vous nous évi­ter de perdre un temps pré­cieux ! AMJ

  6. Nicolas Mathevon

    Bon­jour et merci de cette cri­tique. Etant l’auteur de “Les ani­maux parlent”, je me per­mets d’informer d’éventuels lec­teurs ou lec­trices (permettez-moi de n’oublier per­sonne… ;-) ) de l’existence d’un site web accom­pa­gnant le livre. Vous y trou­ve­rez quelques extraits (ainsi que des enre­gis­tre­ments, des films…) :
    https://mathevon0.wixsite.com/website-2/phoquebarbu
    https://mathevon0.wixsite.com/website-2/copie-de-croc
    https://mathevon0.wixsite.com/website-2/extraits
    Bon voyage sonore !
    Nico­las Mathevon

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