Christophe Arleston & Stefano Vergani, Sangre — t. 04 : “Donnadion le béat”

Une belle série de planet-fantasy

Deve­nue adulte, Sangre pour­suit sa ven­geance. Elle a vu son père et son frère mas­sa­crés, sa mère emme­née en escla­vage par une bande de sept écumeurs.

Elle est sur les traces d’un troi­sième assas­sin, un cer­tain Don­na­dion. Pour le trou­ver, elle a rejoint Douces-Eaux, un monde inhos­pi­ta­lier dont seule une petite par­tie est habi­tée au bord du gigan­tesque fleuve. Depuis plu­sieurs semaines, elle cherche en vain l’individu. Per­sonne ne parle mal­gré la récom­pense qu’elle offre. La ren­contre avec un marin débloque la situa­tion. L’écumeur vit dans un archi­pel sau­vage où se réfu­gient les esclaves en fuite. Il est devenu un ermite qui prêche la paix, la non-violence, pro­tège les éva­dés.
Sangre peut-elle tuer celui qui appa­raît comme un saint homme, un indi­vidu en pleine rédemption ?

Chris­tophe Arles­ton manie avec un art consommé la créa­tion d’univers, de mondes plus ou moins chi­mé­riques. Dans cette série, il pro­pose une suite de pla­nètes toutes plus ou moins étranges, mais super­be­ment construites. Il place tou­jours des noms qui, d’un pre­mier abord, semblent très exo­tiques mais qui pho­né­ti­que­ment sont cocasses. Et, avec cet album, il ne déroge pas à sa règle. Il n’enfreint pas non plus à sa ligne de conduite qui consiste à mettre en scène des femmes fortes, valo­ri­sant leur com­ba­ti­vité, leur volonté de sur­mon­ter les épreuves.
Mais, il confronte Sangre à une cer­taine limite quant à la ven­geance, à sa fron­tière avec la jus­tice. Doit-on punir ceux qui se repentent, qui ont payé leur dette à la société ? Mais, en scé­na­riste dia­bo­lique, Chris­tophe Arles­ton conçoit une his­toire qui récon­ci­lie ces dilemmes, dénoue ces questionnements.

Adrien Floch laisse le crayon à Ste­fano Ver­gani. Celui-ci est un illus­tra­teur de natio­na­lité ita­lienne qui a assuré le gra­phisme du pre­mier tome de Lost Shel­ter. Il réa­lise éga­le­ment la mise en cou­leurs assisté de Glo­ria Vez­zaro. Certes, la com­pa­rai­son avec des planches réa­li­sées par Adrien Floch sou­tient mal la com­pa­rai­son. Ils n’ont, cepen­dant, pas la même expé­rience et il faut lais­ser le temps de prendre en main un tel uni­vers. Son tra­vail en matière de décor est à rete­nir.
Glo­ria Vez­zaro pro­pose des teintes fortes, des cou­leurs appuyées qui donnent une belle luminosité.

Une série qui, sous des dehors de pure aven­ture car les actions ne manquent pas, aborde des ques­tions fon­da­men­tales sur la nature humaine, dans cette période épou­van­table pour toutes les notions d’humanité.

serge per­raud

Chris­tophe Arles­ton (scé­na­rio), Ste­fano Ver­gani (des­sins et cou­leurs) & Glo­ria Vez­zaro (cou­leurs), Sangre — t. 04 : Don­na­dion le béat, Soleil, coll. “Fan­tas­tique”, novembre 2023, 56 p. — 15,50 €.

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