Julia Lepère, Par elle se blesse

Trian­gu­la­tion

Ce livre évoque ce qu’il existe de rela­tif qui ne se dit pas : une femme peut balan­cer entre deux hommes en un jeu sub­til d’équilibre néces­saire. Preuve que le temps amou­reux n’a pas de fron­tières et que ce qui s’enchevêtre par amour dépasse le condi­tion­ne­ment dans lequel on veut l’enfermer.
Certes, ce n’est pas tou­jours simple : “Je ne sais plus vers qui je vais”, mais cela vaut mieux que de res­ter dans le sta­tisme et le refus.

A la bana­lité d’un quo­ti­dien réglé par les pré­ten­dues conve­nances, s’oppose un amour fou. Il peut se conju­guer au plu­riel dans ce livre “inclu­sif” à sa manière puisque l’auteure s’adresse — par son “vous” de rap­pel plus que de remon­trance — à nous qui refu­sons le risque de double re-père.

Les récits des amours alter­nées font s’enchevêtrer les aven­tures vécues — ou non — non sans arrière-plan de lit­té­ra­ture (Tché­khov) et de musique. Même la légende arthu­rienne refait sur­face là où la nar­ra­trice devient la Dame du Lac qui garde son corps de sirène, si reine de deux royaumes, avec ce que cela implique de dés­équi­libre.
Il oblige à rendre l’amour son dû dans cette tri­an­gu­la­tion approxi­ma­tive mais brulante.

jean-paul gavard-perret

Julia Lepère, Par elle se blesse, Flammarion/Poésie, Paris, octobre 2022, 138 p. — 17,00 €.

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