Jean-Marc Fournier, Fragments du désert

Recours au désert

Dans une poé­sie où la méta­phore du désert est cen­trale, tout ramène à une pro­blé­ma­tique chère à Jabès.
L’expérience inté­rieure de l’altérité fait se rejoindre poé­sie, phi­lo­so­phie et reli­gion — la pre­mière adopte les deux autres.

Le livre est bien pour une part dans l’air du temps puisque, selon lui, notre monde ignore les pro­phètes — c’est pour Four­nier une manière de regret­ter com­bien Dieu est mort.
Mais il en cherche les signes sans désespérer.

Pour lui, “une autre page n’est pas encore ouverte sur la terre comme au ciel”. Et le poète attend et appelle de ses voeux un nou­vel enfan­te­ment.
Si le des­tin humain char­nel peut encore se spi­ri­tua­li­ser, c’est, pour un tel poète, en se déga­geant d’une “vie qui se cabre contre la vie”.

L’Evan­gile est sou­vent cité afin nour­rir cette expé­rience d’alliance sur une grève sau­vage et sous une brise marine à laquelle cha­cun peut sous­crire même si le constat qui est fait est déjà bien connu. Il peut tou­te­fois redon­ner aux êtres une pul­sion nou­velle pour exis­ter en un nou­veau pacte sacré afin que l’ombre soit man­gée par la lumière.
D’où le recours au désert.

jean-paul gavard-perret

Jean-Marc Four­nier, Frag­ments du désert, Edi­tions Ars Poe­tica, juin 2022, 76 p. — 18,00 €.

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