Patrick Varetz, Nu-propriétaire

Aména­ge­ment du fantôme

Le récit est placé sous l’incipit d’une phrase d’Henri-Pierre Roché dans le film de Truf­faut adapté d’un de ses romans (Les Deux Anglaises et le Conti­nent :” La vie est faite de mor­ceaux qui ne se joignent pas”.
Dès lors, le double de l’auteur et nar­ra­teur du livre tente le col­lage de son mor­cel­le­ment exis­ten­tiel qui le rend comme étran­ger à sa vie. Et ce, comme s’il n’en était– et  le titre l’indique — que “le nu-propriétaire”.

En dix cha­pitres et diverses ellipses tem­po­relles, Varetz  remonte en consé­quence son his­toire, des années 1950 jusqu’au tout début des années 2010. Dans ce tra­vail de recons­truc­tion mémo­rielle — avec les fal­si­fi­ca­tions qui s’imposent -, le nar­ra­teur use de divers repères (chan­son, livre, musique) là où tout s’agence par la pré­sence d’une femme.
Pas n’importe laquelle. Sa pre­mière femme qu’il a aimée et quittée.

Nourri par l’idée de la culpa­bi­lité, d’autant que cette femme est décé­dée au début 2010, le nar­ra­teur tente de lui amé­na­ger une place cen­trale dans son exis­tence. C’est un peu tard.
Mais les mots tentent de faire ce que, dans sa vie, le nar­ra­teur a raté — manière de remettre un peu d’ordre à un par­cours en dérive. Du moins tant que faire se peut.

jean-paul gavard-perret

Patrick Varetz, Nu-propriétaire, P.O.L édi­teur, avril 2022, 272 p. — 20,00 €.

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