Hervé Picart, Les enquêtes musicales de Vernon Gabriel

Un sin­gu­lier musicologue 

Hervé Picart, s’est fait connaître dans le monde du roman d’énigme avec L’Arcamonde, une série de douze romans où il relate les enquêtes de Frans Bogaert, un anti­quaire bru­geois. Celui-ci est confronté à des mys­tères autour d’objets peu com­muns.
Depuis, il pro­pose une tri­lo­gie qui se déroule dans le milieu du rock et ses divers cou­rants. C’est un uni­vers que l’auteur connaît par­fai­te­ment, car il a excellé en tant que cri­tique musi­cal, pen­dant des décen­nies, au maga­zine Best. Il a contri­bué, entre autres, à la pro­mo­tion du rock pro­gres­sif — et notam­ment du rock de Can­ter­bury — puis du hard rock. Il a éga­le­ment été le gui­ta­riste et un des com­po­si­teurs du groupe Dune. Il est l’auteur-compositeur-interprète de l’album Ekta­kröm Killer du groupe Vidéo­litz (CBS, 1981).

Cette série s’appuie sur Ver­non Gabriel, un musi­co­logue lon­do­nien “ama­teur de rock patiné et d’instruments mil­lé­si­més”. Celui-ci se trouve entrainé dans des enquêtes étranges, aux intrigues retorses à sou­hait, des récits pas­sion­nants tant par la culture musi­cale de l’auteur que par son érudition.

L’arpeggio oscuro
« Le gothique lea­der et ultime sur­vi­vant du groupe de heavy metal sym­pho­nique Dark Theatre s’est défe­nes­tré de façon trop sus­pecte pour ne pas intri­guer Ver­non Gabriel, l’expert lon­do­nien en gui­tares vin­tage, der­nier pos­ses­seur en date de l’instrument chéri du sombre vir­tuose. Les pre­mières inves­ti­ga­tions éta­blissent que les anciens membres du groupe sont eux aussi morts d’une façon plus trou­blante qu’on ne l’a cru d’abord. Com­mence alors une enquête inso­lite qui révèle entre autres mys­tères qu’un infor­tuné cénacle de musi­ciens ita­liens de la fin du XVIIIe siècle a subi une des­ti­née ana­logue. Gabriel doit-il y voir la répé­ti­tion d’une même malé­dic­tion ? Ou soup­çon­ner un des­sein cri­mi­nel d’une per­sis­tance inédite ? »

Le fai­seur d’éclipses
« Quoi de plus ren­table que le pre­mier album post­hume d’une rock star fraî­che­ment décé­dée ? En ce cas, pour­quoi ne pas hâter les choses ? Tel semble être le pro­jet d’un mys­té­rieux mani­pu­la­teur à face de chi­mère. Le voilà qui sou­met la jeune rockeuse Thorn à un chan­tage machia­vé­lique, avec l’exécution de celle-ci comme conclu­sion obli­gée. De quoi faire réagir Ver­non Gabriel, le mar­chand de gui­tares vin­tage. À lui de démas­quer la Chi­mère. Ce qui le contrain­dra à de tor­tueuses inves­ti­ga­tions dans un uni­vers incer­tain où le rock côtoie la magie. Un iti­né­raire jalonné de vic­times inat­ten­dues, qui le conduira à tra­quer un adver­saire d’une inépui­sable sour­noi­se­rie dans des lieux aussi inso­lites qu’un manoir aveugle ou le plus baroque des jeux vidéo. »

La coda dorata
« Déni­cher un véné­rable disque vinyle chez un reven­deur vin­tage peut vous entraî­ner dans une série impen­sable d’étranges péri­pé­ties. Telle est la dérou­tante expé­rience qui va sou­dain cham­bou­ler l’existence de Ver­non Gabriel, le mar­chand de gui­tares lon­do­nien. Car la trou­vaille en ques­tion consiste en un monu­men­tal triple album, pro­duit au cœur des seven­ties, dont per­sonne n’a jamais entendu par­ler. Qui plus est, cette œuvre impro­bable est l’œuvre d’un musi­cien par­fai­te­ment inconnu. Et pour cou­ron­ner le tout, les visuels de la pochette, d’un goût par­ti­cu­liè­re­ment macabre, alignent une série de mar­tyres spec­ta­cu­laires dont la vic­time, tou­jours la même, n’est autre que Gabriel en per­sonne. Com­mence alors pour ce der­nier la plus désta­bi­li­sante de ses enquêtes musi­cales, à la recherche d’un fan­to­ma­tique rocker esthète, adepte inat­tendu de natures plus que mortes et de jus­tice par l’art. »

Hervé Picart cap­tive dès les pre­mières lignes en mul­ti­pliant les intrigues, les struc­tu­rant d’informations toutes plus pas­sion­nantes les unes que les autres. Il les croise, les entre­mêle, tisse un tel éche­veau qu’on est emporté par son art de conteur.
L’humour est tou­jours très pré­sent. L’auteur ne résiste pas au plai­sir de faire un bon mot, de poin­ter de façon assas­sine quelques tra­vers de notre société ou de nos contem­po­rains, de dres­ser des por­traits abso­lu­ment déso­pi­lants par leur caus­ti­cité et leur véracité.

Si vous sou­hai­tez décou­vrir ce qu’est l’humour véri­table, loin des misé­rables pan­ta­lon­nades déver­sées à lon­gueur de temps par des sta­tions de radio ou des chaines de télé­vi­sion, plon­gez vite dans l’univers de l’Antiquaire. En rete­nant comme cadre et décors le monde anglo-saxon, l’auteur accom­pagne chaque livre d’un “petit lexique à l’usage des angli­cistes timides”.
C’est en ces termes déli­cats que l’auteur pro­pose une tra­duc­tion des expres­sions anglaises qu’il place dans son texte.

Cette série se savoure comme un mets pré­cieux aux mul­tiples fra­grances, comme un élixir aux sub­tils arômes.

serge per­raud

Hervé Picart,
- L’arpeggio oscuro,
- Le fai­seur d’éclipses,
- La coda dorata,

dis­po­nibles au for­mat Kindle sur la pla­te­forme Ama­zon — 4,99 € le roman.

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Filed under Pôle noir / Thriller, Romans

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