Les éclats de mémoire d’Alexandre Blaineau (D’être en ce monde) — entretien

Alexandre Blai­neau, né en 1975 en Ven­dée, est actuel­le­ment pro­fes­seur. En 2010, il a sou­tenu une thèse à l’université de Rennes-2 : “Che­vaux, cava­liers et cava­le­ries dans l’oeuvre de Xéno­phon”. Il est l’auteur de divers articles en lien avec les che­vaux et l’équitation dans la Grèce antique. Avec D’être en ce monde il s’oriente dans un uni­vers d’exploration plus ambi­tieuse où se mêlent “des mou­ve­ments obs­curs / Des pen­sées de rêve”.
Au moment où tant d’auteurs appellent à un tout doit dis­pa­raître, l’auteur reven­dique un temps recréa­teur. Par le sou­pir des pierres, dans l’exploration des ruines jaillissent divers souffles. Par­fois sau­vages, parois plus apai­sés.
Tout devient des his­toire de visions. Elles contre­disent l’impuissance créa­trice grâce à la sou­ve­rai­neté de l’imaginaire en action.

Il reprend le pou­voir pour des révé­la­tions inédites. D’une cer­taine manière il se fait “mili­tant” exis­ten­tiel­le­ment parlant.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
La pro­messe des possibles.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Éva­po­rés dans le grand tout de mon présent.

A quoi avez-vous renoncé ?
Aux ambi­tions pre­mières, celles qui sont les plus fausses.

D’où venez-vous ?
D’un pays d’ouest où le vent cingle parfois.

Qu’avez-vous reçu en “héri­tage” ?
Des éclats de mémoire, des paroles douces, et les étés familiaux.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
Regar­der le ciel du soir, ses encres et ses vides.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres écri­vains ?
Je ne sais pas, une manière peut-être d’expérimenter des voies traversières.

Qu’est-ce qui selon vous, vous a poussé à écrire ?
La néces­sité de dire pour moi la grande ques­tion du monde.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?
La séré­nité de la mer et ses scintillements.

Et votre pre­mière lec­ture ?
Celle de cer­tains visages.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Mozart, Bach, Bee­tho­ven, Debussy, Vivaldi, la voix de Cal­las, Miles Davis, Col­trane, Brel, Bar­bara, Bashung, David Bowie, Eddy de Pretto, Ben­ja­min Bio­lay, Etienne Daho, …

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Les “Illuminations”.

Quel film vous fait pleu­rer ?
“Tout sur ma mère”.

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Mes mul­tiples « moi ».

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Aux disparus.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Athènes.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
Cavafy, Sou­lages, Rim­baud, les peintres de la Grotte Chau­vet, Zao Wou-Ki, Cara­vage, Yourcenar.

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
J’aimerais rece­voir ceux et celles que j’aime.

Que défendez-vous ?
Les valeurs essen­tielles – liberté, éga­lité, solidarité.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?
Selon moi, l’amour c’est l’espace com­blé par deux personnes.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Je dirais plu­tôt : « La réponse est dans la question ».

Et si le cœur vous en dit celle de Via­latte : “L’homme n’est que pous­sière c’est dire l’importance du plu­meau” ?
L’homme est pous­sière d’étoile, c’est dire l’importance de la poésie.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
Quelle est ma défi­ni­tion de la poé­sie ? (celle de Char : « La poé­sie est à la fois parole et pro­vo­ca­tion silencieuse ».)

Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 22 sep­tembre 2021.

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