Max Fullenbaum, Pronominal

Fulgu­ra­tion pho­nique et visuelle

Les pages de ce livre ouvrent avec 4 zones-macadam. Le noir est de mise. Mais plus aussi.
Quant au “Pro­no­mi­nal”, écrit Ful­len­baum, “quitte à mar­ty­ri­ser ma langue natale. C’est que la forme pro­no­mi­nale me réflé­chit. C’est tout le contraire du gou­dron. Ce que le gou­dron recouvre, la forme pro­no­mi­nale le découvre”.

Si bien que l’auteur, enfant caché, sur­vi­vant de la Shoah, crée tou­jours une écri­ture d’après le nazisme.
L’aspect plas­tique per­cute le sens des mots, pour évo­quer l’irréparable qui ne se quitte pas.

L’auteur com­bine à la fois le jeu de mots, la répé­ti­tion et la réfé­rence impli­cite pour créer un lan­gage décalé où le réel trouve une pro­fon­deur cachée par la mani­pu­la­tion des mots et des images.
Reste une ful­gu­ra­tion pho­nique et visuelle.

Dans des abrupts se crée tou­jours un jeu d’ombre et de lumière que le tra­vail d’édition de Richard Meier rend super­be­ment.
Des échos se suc­cèdent dans un chant double de l’inexorable recou­vrance et tout autant de décou­verte en une his­toire de l’oeil et un retour sur l’impensable qui trouvent là de nou­velles voies.

jean-paul gavard-perret

Max Ful­len­baum, Pro­no­mi­nal, Voix Edi­tions — Richard Meier, 2021.

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Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Poésie

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