Stop Painting (exposition), Fondazione Prada (Venise)

La fin de la peinture ?

Conçue par Peter Fischli, l’exposition  illustre les ques­tions qui ne cessent de se repo­ser : assiste-t-on à l’histoire de la fin de la pein­ture ou cette idée est-elle un pro­blème fan­tôme ?
Et si oui, les fan­tômes peuvent-ils être réels ?

Peter Fischli défi­nit cette “mos­tra” comme une série de “gestes répu­diés” et explore une série de moments de rup­ture dans l’histoire de la pein­ture au cours des 150 der­nières années, en rela­tion avec l’émergence de nou­veaux fac­teurs sociaux et de nou­velles valeurs cultu­relles. L’exposition entend éga­le­ment com­prendre si la révo­lu­tion numé­rique actuelle peut être à l’origine d’une nou­velle crise de la pein­ture ou, au contraire, contri­buer à son renouveau.

Le cura­teur a iden­ti­fié cinq rup­tures capi­tales cau­sées par des chan­ge­ments tech­niques et sociaux qui cor­res­pondent à la muta­tion du para­digme de l’art à tra­vers la pein­ture. La pre­mière est due à l’invention de la pho­to­gra­phie qui fit dire au peintre Paul Dela­roche en 1840 qu’ “à par­tir d’aujourd’hui la pein­ture est morte”. La deuxième appa­raît avec l’invention du ready-made et du col­lage qui contraint l’artiste à trou­ver un nou­vel espace à tra­vers les objets.
La troi­sième est pro­vo­quée par la mise en dis­cus­sion de l’autorité de l’art et “la mort de l’auteur”. La qua­trième crise arrive lorsque que la pein­ture est cri­ti­quée en tant que bien de consom­ma­tion. La cin­quième se concentre sur la cri­tique de la société capi­ta­liste telle qu’elle fut théo­ri­sée par Luc Bol­tanski et Eve Chia­pello à par­tir des années 80 lorsque l’idée d’avant-garde devint obso­lète et disparut.

Fischli a, au-delà de ces bles­sures dans la peau de la toile, divisé son expo­si­tion en dix ces­sions et une plu­ra­lité de nar­ra­tions dans un pro­jet qu’il défi­nit comme “une sculp­ture d’une expo­si­tion de la pein­ture”. D’où l’effet “stro­bo­sco­pique” d’une telle entre­prise au moment où le numé­rique vient à nou­veau brouiller les cartes.

jean-paul gavard-perret

Stop Pain­ting, Fon­da­zione Prada, Venise, du 22 mai au 21 novembre 2021.

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Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Echos d'Italie / Echi dell'Italia

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