Obsession

Un roman qui surfe sur la vague fan­tas­tique et sen­ti­men­tale de manière efficace

Lorsque j’ai reçu Obses­sion, j’ai cru que c’était un de ces romans bran­chés où de jolies jeunes filles tombent amou­reuses de sédui­sants vam­pires. Hachette jeu­nesse et la col­lec­tion “Black moon” accueillent en effet la déjà cultis­sime saga Twi­light.
C’est donc avec méfiance que j’ai entamé la lec­ture du roman de Cathe­rine Kalen­gula, auteur à suc­cès de la mai­son d’édition. Sur­prise fort agréable, Obses­sion est un roman qui se lit d’une traite.

Gisèle, jeune dan­seuse fran­çaise de dix-neuf ans, traîne ses col­lants usés à Broad­way dans l’espoir de trou­ver un enga­ge­ment. Mal­gré sa bonne volonté, les temps sont dif­fi­ciles : ses parents ne la sou­tiennent guère, elle n’a ni famille ni amis au pays de l’oncle Sam et payer le loyer de sa cham­brette relève de l’urgence.
Elle compte vive­ment sur une audi­tion, pour une adap­ta­tion moderne de Roméo et Juliette au pres­ti­gieux théâtre du Fai­rhall. L’audition est un fiasco mais le jeune (et beau) direc­teur du théâtre, impres­sionné par la pres­ta­tion de Gisèle, qui, faute de par­te­naire, a dansé avec un balai, lui pro­pose un job de femme de ménage au théâtre. Elle pourra payer sa logeuse, se nour­rir cor­rec­te­ment, sur­tout assis­ter aux répé­ti­tions et s’entraîner le matin lorsque le théâtre est vide. Rien de glo­rieux mais c’est une chance à sai­sir.
Dès le len­de­main, elle s’attaque à la tâche, sous la conduite de Louise, une femme noire d’âge mûr qui l’accueille fraî­che­ment. Peu à peu, Gisèle per­çoit d’étranges phé­no­mènes : par­fums de fleurs, mur­mures à son oreille, légers souffles dans son cou et petits bruits dans une loge a priori abandonnée…

Selon le prin­cipe de la col­lec­tion, le roman surfe sur la vague fan­tas­tique et sen­ti­men­tale de manière effi­cace. Le fan­tôme d’un jeune dan­seur, mort qua­rante ans plus tôt, va prendre Gisèle sous sa pro­tec­tion. D’abord ter­ri­fiée, la jeune fille tombe dans une rela­tion faite d’attirance et de répul­sion. Chance, qui est aussi fort beau lorsqu’il veut bien se mon­trer, s’attaque aux per­sonnes qui se mettent en tra­vers du che­min de Gisèle mais aussi à ceux qui l’approchent de trop près.
Tou­te­fois, lorsque la dan­seuse prin­ci­pale se rompt le cou dans les esca­liers, Chance n’y est pour rien. Au-delà de l’impossible romance avec le fan­tôme carac­té­riel, les mys­tères se sur­ajoutent : qui est vrai­ment Louise ? pour­quoi Chance hante-t-il le Fai­rhall ? qui a tué Mar­got Hen­nessy ?
Le tout au sein des répé­ti­tions du spec­tacle où se révèlent les mes­qui­ne­ries entre dan­seurs, et l’héroïne doit faire preuve de cou­rage et de déter­mi­na­tion face à ceux qui la méprisent ou la jalousent.

Un roman très dis­trayant qui s’attache aux per­son­nages même les plus secon­daires et donne une vision réa­liste de la vie d’artiste.

patri­cia chatel

Cathe­rine Kalen­gula, Obses­sion, coll. “Black moon”, Hachette jeu­nesse, sep­tembre 2010 — 256 p. — 14,00 €
À par­tir de 13 ans.

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