Stéphane Marchand,Face Mort

Un polar à la pointe des enjeux de sécu­rité internationale !

Une femme, qui se fait appe­ler Ibtis­sam, assiste à la démons­tra­tion de La Solu­tion, au cœur d’un labo­ra­toire libyen.
Au centre radio­élec­trique des Alluets-le-Roi, dans ce temple de la tech­no­lo­gie d’interception, le sous-lieutenant Georges Kabla, sta­giaire de Poly­tech­nique, doit para­mé­trer un logi­ciel de recon­nais­sance faciale si per­fec­tionné que per­sonne n’a su l’utiliser. Pen­dant des jours, pre­nant sur son som­meil, il ali­mente l’IA, sur­nom­mée Face Mort, de toutes sortes de don­nées.
À 19 heures 32, heure de Paris, un dji­ha­diste poste la vidéo d’une déca­pi­ta­tion, exé­cu­tée en Libye par un petit voyou de Mon­tau­ban passé à daech.
À 19 heures 35, une alerte sur­prend Georges. Face Mort a recons­ti­tué, à par­tir de la vidéo, un tatouage par­ti­cu­lier de l’un des spec­ta­teurs de l’exécution. L’homme n’est pas un inconnu. Il est fiché dans le dos­sier Sauterelle.

Cette iden­ti­fi­ca­tion sonne le branle-bas de com­bat. Arrivent le direc­teur de la DGSE en, per­sonne, avec son conseiller spé­cial. Ils veulent com­prendre pour­quoi Face Mort a retrouvé cet indi­vidu en Libye, fiché dans un dos­sier assorti d’un très haut niveau de secret.
Sur le ter­rain nord-africain, la capi­taine Maxime Barelli, et son petit com­mando, traque les dji­ha­distes fran­çais pour les neu­tra­li­ser. Elle pos­sède une liste de cin­quante noms. Elle est char­gée de cette mis­sion, qui n’existe pas, en puni­tion. Alors qu’elle vient de rayer un nom, elle doit, immé­dia­te­ment, se rendre en Libye pour pro­té­ger une cible.
Et une lutte impla­cable com­mence entre le com­mando, Face Mort et ses ser­vants, la DGSE, les affi­dés de daech par­tis en Libye après avoir été chas­sés d’Irak et de Syrie, plus quelques autres qui s’invitent pour le massacre…

Ce n’est sans doute pas par hasard que le roman­cier a retenu le Libye comme cadre d’une large par­tie de son intrigue. Certes, sous le joug de Kadhafi, la situa­tion n’était pas brillante pour les liber­tés et les droits humains, mais depuis sa mort, elle s’est dégra­dée de façon inima­gi­nable.
Le pays est la proie de dif­fé­rentes fac­tions, de la rapa­cité de la Tur­quie, des tueurs de daech qui en ont fait une zone de repli et qui rêvent d’y implan­ter un nou­veau cali­fat. Des milices, des sei­gneurs de la guerre, des pas­seurs de migrants, des tra­fi­quants de chair humaine font la loi sur des popu­la­tions désarmées.

Avec les por­traits très fouillés, pré­cis, étof­fés, si proche de la réa­lité de la gale­rie des per­son­nages, Sté­phane Mar­chand donne une vision cata­clys­mique et une intrigue en ten­sion. Outre la des­crip­tion des pro­ta­go­nistes, il détaille les lieux de com­bats, le fonc­tion­ne­ment des ser­vices de ren­sei­gne­ments, des repré­sen­tants de l’Etat, de toutes les par­ties en pré­sence de façon attrac­tive et avec maes­tria.
Les actions, et elles sont nom­breuses, s’enchaînent avec rapi­dité. L’inventivité dont fait preuve le roman­cier, le réa­lisme des péri­pé­ties main­tient un inté­rêt qui va crois­sant jusqu’à un final éblouissant.

Il décrit l’usage d’un très haut niveau de tech­no­lo­gie tant par les ser­vices de ren­sei­gne­ments, tels que drones, satel­lites, télé­com­mu­ni­ca­tions, intel­li­gence arti­fi­cielle, que par des ter­ro­ristes qui mettent au point une arme ter­ri­fiante, à la mise en œuvre presque impa­rable.
Sté­phane Mar­chand expose les points de vue de tous les acteurs, qu’ils soient poli­tiques, mili­taires, agents du ren­sei­gne­ment, agents de ter­rain, tech­ni­ciens en charge de moyens d’investigations colos­saux, tueurs, ter­ro­ristes qui veulent détruire l’Europe en com­men­çant par la France.

L’intrigue se veut une fic­tion étayée et cré­dible. Mais, on ne peut évi­ter de faire un rap­pro­che­ment avec les suites d’un conflit généré par deux nabots, conflit dont les moti­va­tions res­tent, aujourd’hui encore, bien floues, mais dont les retom­bées sont ter­ribles pour des popu­la­tions entières.
Face Mort
inter­pelle pour la réa­lité de son pro­pos, les moyens décrits, la course contre la montre enga­gée pour contrer une ter­rible menace et une gale­rie de pro­ta­go­nistes par­ti­cu­liè­re­ment réussie.

serge per­raud

Sté­phane Mar­chand, Face Mort, fleuve noir, coll. “Poli­cier & thril­ler”, octobre 2020, 464 p. – 19,90 €.

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Filed under Chapeau bas, Pôle noir / Thriller

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