Raymond Penblanc, Une ronde de nuit

Epopée à l’envers

Comme sou­vent dans les fic­tions de l’auteur, le nar­ra­teur aux com­mandes de l’histoire n’est pas contraint à la fixité d’un par­cours roma­nesque.
Il se laisse diva­guer jusqu’à par­fois presque dou­ter de sa propre iden­tité même s’il tente ici de la recou­vrer non par une des­cente aux enfers mais en une dérive nocturne.

Les deux peuvent  se res­sem­bler car remontent du passé — au moment du retour dans la ville où ce nar­ra­teur fit ses études et lorsqu’il est accom­pa­gné d’un double,  sorte de jeune frère — des pré­sences obs­ti­nées, entre autres celle de l’ami dis­paru et sorte de phare d’une époque révolue.

Celui qui par­fois se rap­proche de Michel Tour­nier prend ici des accents ner­va­liens en une telle épo­pée à l’envers.
C’est d’ailleurs une tra­jec­toire récur­rente dans cette aven­ture exis­ten­tielle  poé­tique et géographique.

Tout s’y mêle dans des visions par­fois éro­tiques au seins d’affres divers. Le lec­teur s’égare où Pen­blanc se perd et nous avec là où pour­tant rien ne vou­drait som­brer dans l’oubli.
Et ce, au moment où le nar­ra­teur vou­drait apprendre l’éternité et où son apnée continue.

jean-paul gavard-perret

Ray­mond Pen­blanc, Une ronde de nuit, Le Réal­gar, 2020, 160 p. — 16,00 €.

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