La vie est un rêve (Pedro Calderón/Jacques Vincey)

Il n’est pas sûr que l’ensemble des acteurs soit à la hau­teur de la lourde tâche qui leur incombe
 
Une musique ori­gi­nale, « baroque-progressive », ins­talle le début du spec­tacle. Sou­dain, un che­va­lier choit. L’argument s’énonce rapi­de­ment : le roi de Pologne, qui a écarté son fils Sigis­mond du trône, parce qu’il était né sous un mau­vais pré­sage, nour­rit un scru­pule qui le conduit à mettre pro­vi­soi­re­ment son fils à l’épreuve de l’exercice du pou­voir royal. C’est une belle par­ti­tion, qui met en valeur l’aspect moral de la pièce, qui sou­ligne l’importance de la fémi­nité, de la sen­si­bi­lité. Le décor est consti­tué de grands cadres de fer, sup­por­tant un tamis solide et trans­pa­rent, devant des voi­lages en fond de scène. L’ensemble per­met de nom­breux jeux d’ombres et de lumières, qui donnent à la repré­sen­ta­tion l’occasion de varia­tions appré­ciables de cli­mat. Le tra­vail d’éclairage per­met en effet de figu­rer des situa­tions variées.


L
a mise en scène joue de contrastes entre le décor mini­ma­liste et le ton volon­tiers décla­ma­toire, par­fois violent, de l’action. Mais la pré­cio­sité du texte n’est pas tou­jours dyna­mi­sée par le ton incan­ta­toire, qui montre trop sou­vent la rai­son se fai­sant rai­son­neuse. De nom­breux effets sont bien sen­tis mais s’avèrent répé­ti­tifs. L’humaine bes­tia­lité de Sigis­mond est bien incar­née ; mais elle finit par être sur­jouée. D’une façon géné­rale, il n’est pas sûr que l’ensemble des acteurs soit à la hau­teur de la lourde tâche qui leur incombe. Car l’ensemble est bien fait, mais il ne tient pas la dis­tance. La dra­ma­tur­gie enfourche assez vite un rythme prompt ; en dépit de l’ampleur du décor, de la géné­ro­sité des acteurs, le pro­cédé s’avère mono­li­thique et finit par sus­pendre l’attention au seul inté­rêt du texte. Ses gran­di­lo­quences ne par­viennent pas à être heu­reu­se­ment trans­fi­gu­rées par un tra­vail consi­dé­rable dont la valeur ne tient que de l’éphémère et non de la construc­tion durable.

chris­tophe gio­lito


La vie est un rêve

de Pedro Cal­derón (de la Barca)

texte fran­çais Denise Larou­tis

mise en scène Jacques Vin­cey

 

avec Florent Dorin, Phi­lippe Duclos, Noé­mie Dujar­din, Antoine Kahan, Alexandre Lecroc, Estelle Meyer, Phi­lippe Morier-Genoud, Renaud Trif­fault et Phi­lippe Vieux.

 

Dra­ma­tur­gie Vana­say Kham­phom­mala ; scé­no­gra­phie Mathieu Lorry-Dupuy ; cos­tumes Olga Kar­pinsky ; lumières Marie-Christine Soma ; musiques et sons Alexandre Meyer et Fré­dé­ric Minière ; maquillages et per­ruques Cécile Kret­sch­mar ; assis­tante à la mise en scène Valé­rie Bezan­çon ; conseil ges­tuel Daniel Lar­rieu ; direc­tion de pro­duc­tion, dif­fu­sion Emma­nuel Magis / ANAHI.

Au Théâtre 71 | 3 Place du 11 Novembre, 92240 Malakoff

01 55 48 91 00 billetterie@theatre71.com

Du 15 jan­vier au 2 février 2013

Les mar­dis et ven­dre­dis à 20h30, les mer­cre­dis, jeu­dis et same­dis à 19h30, le dimanche à 16h.

Relâche les lun­dis et le dimanche 20 janvier.

Durée envi­ron 2h30.

Le texte de la pièce est paru aux Soli­taires intem­pes­tifs en 2004

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