Jacques Cauda, Moby Dark

Huiles de vits d’anges et d’autres sacri­pants de la pire espèce

Dans cette nou­velle ver­sion des plus rema­niées (à tous les sens du terme) de Moby Dick, il n’est plus ques­tion de baleines mais (et entre autres) de leurs clones : à savoir les sumos. Mais pas que. Il y a aussi la gaule de Char­lie. Celle d’un grim­peur du col de tous les uté­rus.
Et Cauda mul­ti­plie les scènes et les figures (pas seule­ment de style) ou plu­tôt les sil­houettes fémi­nines là où tout est Christ (empalé) et chu­cho­te­ments des Marie-Madeleine et autres Saintes Sexo. Cha­cun y cherche sn chat au risque de s’y perdre.

Quant aux sumos aux brioches col­lantes, ils sont là pour des com­bats à mort dont l’amour est le pré­texte. Ils ignorent la ten­dresse et tapent sur tout ce qui résiste. Aux femmes de bien se tenir — c’est-à-dire le plus mal pos­sible selon la morale admise. Si bien que, dans cette suite de textes, existe l’ensemble de ce qu’on peut espé­rer — voire pire.
Tout est lar­vaire, gluant de mic­tions dou­teuses. Que ceux qui ont le sur­moi reli­gieux trop fra­gile tournent de l’oeil n’y change rien. Le texte devient un “page tur­ner” dont les feuilles défilent tant le lec­teur est à la recherche de tous les impairs à com­mettre en diverses ratières.

Car le lieu du liant est tou­jours le même. Là où jaillissent vio­lence et volupté au risque de se plan­ter où de craindre — ce qui est un peu pareil — les zigo­mars obs­cènes. De ceux qui coupent tout ce qui dépasse ou ne rentre que trop mal dans cette série de scènes et de “foi­rades” (comme aurait dit Beckett).
C’est du hard corps aux poings de croix en une suc­ces­sion de vignette dont Cauda a le secret en écri­ture comme en peinture.

Les fli­bus­tiers des bus­tiers et de leur dégraf­fage recréent à leur main et leur organe la quête éper­due que Mel­ville ini­tia. Il lui faut autant de cou­rage et de sup­plé­ment d’âme qu’en fit preuve l’ami pro­vi­soire du capi­taine Achab. Si bien qu’en une sorte de polar ou de faux roman de gare, les seins lézardent tout près de Saint Lazare et ailleurs : là où Cauda pro­pose ses uri-noirs pour nous rou­ler dans sa farine.
Mais nous le savions déjà : l’auteur est une bonne pâte qui nous épate.

jean-paul gavard-perret

Jacques Cauda, Moby Dark, L’Âne qui butine, Mous­cron, Bel­gique,  2020, 174 p.

1 Comment

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One Response to Jacques Cauda, Moby Dark

  1. Villeneuve

    Cauda mara­bouté par les mots de JPGP divi­nisé !
    Les âmes sœurs se recon­naissent .
    Gran­deur ou déca­dence : le regar­deur a le choix .

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