Alexandre Labruffe, Chroniques d’une station-service (Rentrée littéraire 2019)

Epicentre de la bana­lité contemporaine

Très loin d’Ibiza et bien plus près du bliz­zard, le héros de Labruffe, confit dans sa sta­tion d’essence, se pompe d’air. S’ “ambian­cer” comme on dit désor­mais n’est pas le fait du héros. Il s’ennuie tel­le­ment que non seule­ment il n’en peut plus mais se demande depuis com­bien de temps il est près du pont de vidange.
Mais son inven­teur vient à son secours. il concocte pour lui (et pour les lec­teurs)  kyrielle d’intrigues quel­conques et des inci­dents éro­tiques peu enclins aux plai­sirs à satiété. Leur recherche est sou­vent du temps perdu.

Souvent, tant va l’homme au lit qu’à la fin il s’endort. Par­fois même avant l’amour. Faute sans doute d’absence de dopa­mine ou autres hor­mones de crois­sance. Si bien qu’”en voi­ture Simone” reste lettre morte et se conjugue à l’imparfait du sub­jec­tif. Il n’empêche, le récit à un effet béné­fique.
En creu­sant “l’épicentre de la bana­lité contem­po­raine” l’auteur crée pour sa pro­gé­ni­ture comme pour son lec­teur un com­merce des plus robo­ra­tifs au moment où sur une telle aire de rien l’imagination est loin d’être en panne : proche des rocades et dévia­tions, elle est déjan­tée lorsque les plai­sirs des sens sont en panne et ceux d’essence de mise.

jean-paul gavard-perret

Alexandre Labruffe, Chro­niques d’une station-service, Col­lec­tion Ver­ti­cales, Gal­li­mard, 2019.

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