Lazlo Nemes, Sunset

 Chapeau !?

Lazlo Nemes revient avec un nou­veau film “his­to­rique” où il s’agit de trou­ver la vérité dans un monde plein de men­songes. Après la Shoah (Le fils de Saul), le film est for­cé­ment plus “léger”. Le réa­li­sa­teur conserve tou­te­fois la même gram­maire fil­mique : plans rap­pro­chés, images volon­tai­re­ment et par­tiel­le­ment floues pour épou­ser un regard sub­jec­tif qui, nor­ma­le­ment, ne peut sai­sir avec la même net­teté le proche et le loin­tain contrai­re­ment à l’accommodation que le cinéma habi­tuel pro­pose.
Mais les aven­ture de l’héroïne - Iris la bien nom­mée —  ne suf­fit pas à sau­ver le film. Celle-là  tente de lever le voile sur une vérité qui ne vien­dra pas. Au contraire même : le mys­tère s’épaissit. Mais les pré­mices de la déca­dence — méta­pho­ri­sés par la cha­pel­le­rie — que va signer la Pre­mière Guerre Mon­diale n’entraînent pas le même bou­le­ver­se­ment que dans Saul.

Après l’innommable des camps et sa sor­tie, le réa­li­sa­teur pro­pose  l’entrée dans la guerre. Mais son pro­ces­sus devient exas­pé­rant même s’il s’agit ici de mon­trer la dis­so­lu­tion de l’histoire. Le scé­na­rio reste  pares­seux, sans signes par­ti­cu­liers pré­gnants dans ses struc­tures nar­ra­tives et visuelles répé­ti­tives là où le per­son­nage est suivi de dos selon un pro­cédé ciné­ma­to­gra­phique à la mode.
Iris n’en finit plus de pas­ser une série d’épreuves sans inté­rêt au pro­fit (enfin presque) d’une cer­taine vanité de la mise en scène qui cherche avant tout l’effet. Il est vrai que la modes­tie n’est pas la qua­lité pre­mière de Nemes. Mais n’est pas Kubrick qui veut. S’appliquant à expli­quer com­ment une société s’écroule (même si ce n’est pas tou­jours le long du film évident), nous sommes loin du réa­li­sa­teur  de Doc­teur Fola­mour comme de Kafka.

Par ses plans-séquences, le film cherche un oni­risme peut-être super­fé­ta­toire. Sûre­ment même. Se per­dant dans ses cir­con­vo­lu­tions, l’héroïne erre dans la ville avant que l’histoire de la cha­pel­le­rie et l’aventure de son patron véreux n’alourdissent le film.
Pour rien. Ou si peu.

voir la bande annonce

jean-paul gavard-perret

 

Sun­set

De :  László Nemes
Avec : Juli Jakab, Vlad Iva­nov, Eve­lin Dobos
Genre  : Drame
Date de sor­tie : 20 mars 2019
Duréée : 2H21min

Synop­sis

1913, au cœur de l’empire austro-hongrois.
Irisz Lei­ter revient à Buda­pest après avoir passé son enfance dans un orphe­li­nat.
Son rêve de tra­vailler dans le célèbre maga­sin de cha­peaux, autre­fois tenu par ses parents, est bru­ta­le­ment brisé par Osz­kar Brill le nou­veau pro­prié­taire.
Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à cla­ri­fier les mys­tères de son passé.
A la veille de la guerre, cette quête sur ses ori­gines fami­liales va entraî­ner Irisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos.

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