Helène Frappat, Le dernier fleuve

Allé­go­rie aquatique 

Le der­nier fleuve est un conte intem­po­rel qui rap­pelle — sans pou­voir dire pour­quoi — Faulk­ner. Le fleuve devient un ani­mal, une puis­sance fan­tas­tique. Il trans­forme le texte en un récit ini­tia­tique pour repen­ser les rap­ports de l’être et de l’eau. L’allégorie aqua­tique n’a pour­tant rien ici d’un pon­cif. Par elle, la lit­té­ra­ture s’ouvre devient une expé­rience — par­fois “phi­lo­so­phique” — pour atteindre le corps plus que la pen­sée dans un uni­vers orga­nique.
L’écriture est magique parce qu’un rien et volon­tai­re­ment alam­bi­quée.. Elle exprime que tout est dans tout, là où l’enfance apprend à nom­mer le monde dans une langue matière et par­fois en une dérive vers l’héroic fan­tasy qui tout compte fait n’est pas si loin de ce fleuve et ses alluvions.

Dans un tel monde aussi hos­tile qu’enchanteur, les deux enfants héros se battent sans rede­ve­nir en rien des Robin­son ou des Harry Pot­ter. Ils ignorent tout mais découvrent en eux-mêmes de quoi recréer leur propre enchan­te­ment. Leur élan­ce­ment est porté par le flux du récit où, loin de la pure méta­phore, le fleuve doit être lu comme une réa­lité.
Et si l’histoire est écrite à hau­teur d’enfant, l’auteur en “sort” pour créer un pont que les héros pour­ront fran­chir, forts de ce qu’il auront appris et qu’ils ont dans le cœur..

jean-paul gavard-perret

Hélène Frap­pat, Le der­nier fleuve, Actes Sud, 2019.

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