Portrait d’un sage : entretien avec Armada Myart (Vitrine StationShow)

Si vous arri­vez à Lau­sanne par le che­min de fer vous ne pour­rez pas man­quer l’exposition d’Aramada Myart, artiste dis­cret dont les images captent les flux de lumière , puisent dans le noc­turne des clairs de lune selon des reprises voire des aspi­ra­tions contra­dic­toires. Elles fra­gi­lisent le voyeur. Mais qu’importe tou­te­fois : le risque encouru sera moins grand qu’en la mai­son déserte de son exis­tence.
Le pas­sant en ce lieu par­ti­cu­lier d’exposition se laisse hap­per par un tra­vail, emblème inva­riable d’un rêve qui s’efface mais qu’il faut rete­nir avant qu’il dis­pa­raisse même si le trouble per­dure. Loin­taine et pri­vée, l’oeuvre devient proche et com­mune dans le contem­pla­tif déchif­fre­ment des signes au sein d’un uni­vers per­son­nel à l’inépuisable richesse.
Ne pas­sez pas trop vite : il faut prendre le temps de la découvrir.

Armada Myart, Vitrine Sta­tion­Show, pas­sage sous gare, Lau­sanne, février 2019.

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Le désir.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Ils per­durent dans ma fantaisie.

A quoi avez-vous renoncé ?
J’ai renoncé à ne jamais me battre.

D’où venez-vous ?
D’un vil­lage à plus de mille mètres d’altitude.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
L’habileté manuelle et le goût des autres.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
Le pre­mier café du matin.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres artistes ?
Je fais de la pein­ture sans me salir.

Com­ment définiriez-vous vos nar­ra­tions plas­tiques ?
Une dua­lité qui ren­ferme de l’espoir dans la couleur.

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?
Le char­bon ardent de la forge de mon grand-père.

Et votre pre­mière lec­ture ?
“L’or” de Blaise Cendrars

Quelles musiques écoutez-vous ?
J’écoute très sou­vent des inter­prètes féminines.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
“Le Par­fum” de Patrick Suskind.

Quel film vous fait pleu­rer ?
“Les émo­tifs anonymes”.

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Un bon gars.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
À la jus­tice divine.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Paris.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
Les surréalistes.

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Un carac.

Que défendez-vous ?
Le res­pect, la dignité et l’honneur.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
Les femmes sont amou­reuses et les hommes solitaires.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Le génie dit oui et le fou ne sait pas.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
C’est com­ment qu’on freine le temps ?

Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com le 30 jan­vier 2019.

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