Philippe Pelaez & Javier Casado, Un peu de tartes aux épinards – t.01 : “Bons baisers de Machy”

Aven­tures et humour en milieu rural

Marie-Madeleine Madoc Mire­mont est seule avec huit enfants. Son rou­tier de mari a pris défi­ni­ti­ve­ment la route. Elle habite dans l’ancienne mai­son de son père qui était garde-barrière. Pour amé­lio­rer l’ordinaire, elle cultive des épi­nards parce que ce légume pousse bien et toute l’année. Elle fait, depuis peu, des tartes qu’elle essaie de vendre sur le mar­ché de Machy, cette petite com­mune de l’Aube. Un jour, un livreur lui amène un paquet venant de Soma­lie et conte­nant des plantes. Leur trou­vant bon goût, elle décide de les uti­li­ser pour agré­men­ter ses tartes.
Le can­di­dat à la dépu­ta­tion, M. Mate­male, vient faire cam­pagne sur le mar­ché. Il est poussé par son conseiller en com­mu­ni­ca­tion à goû­ter les pro­duits locaux. Il va tes­ter, contre son gré, une part de tarte de Marie-Madeleine. Il est pris alors d’euphorie au point de dévoi­ler, à une jour­na­liste, ses com­bines élec­tives. Mais il popu­la­rise la tarte.
Chaque semaine un nou­veau paquet arrive. Sarah, la fille la plus éveillée de la fra­trie, découvre qu’il s’agit de khat, une drogue. Mais les véri­tables destinataires…

Ce pre­mier tome dont le titre penche du côté de James Bond per­met de faire connais­sance avec l’héroïne, ses huit enfants et la galère quo­ti­dienne pour sub­ve­nir aux besoins de base d’une telle fra­trie. Aussi, pour ne plus dépendre que des allo­ca­tions fami­liales, Marie-Madeleine fait des tartes. Quand l’occasion se pré­sente d’améliorer l’ordinaire, elle ne veut pas s’en pri­ver. Elle ignore tout des cir­cons­tances qui lui amènent cet addi­tif addic­tif. Selon Wiki­pé­dia, le khat est un sti­mu­lant qui pro­cure du bien-être, qui ren­force la vigi­lance, l’énergie et l’estime de soi.
Phi­lippe Pelaez ima­gine nombre de péri­pé­ties autour de la vente de ces tartes aux effets dyna­miques. C’est le monde du mar­ché avec l’homme poli­tique qui ne fré­quente celui-ci qu’en période élec­to­rale. Autour de l’héroïne, le scé­na­riste conçoit une gale­rie de per­son­nages inté­res­sants, aux por­traits bien équi­li­brés. Avec les huit enfants de Marie-Madeleine il a du poten­tiel depuis la fille douée au grand dadais aux doigts dans le nez… .

Si l’auteur en fait une mère de famille atten­tive à l’éducation de ses enfants, il la pré­sente avec peu d’instruction et de culture géné­rale, lui don­nant un mal fou avec les pro­verbes et autres maximes. Le gra­phisme semi-réaliste de Javier Casado, qui assure des­sin et cou­leur, est expres­sif. Il offre des pour­suites, des scènes d’action dyna­miques, donne une belle viva­cité à ses per­son­nages. Le cadre et les décors sont bien adap­tés au scé­na­rio et il res­ti­tue avec brio l’ambiance de la petite cité, l’atmosphère familiale.

Une bonne sur­prise, un bel album, une comé­die agréable avec des groupes de per­son­nages aussi atta­chants que repoussants.

serge per­raud

Phi­lippe Pelaez (scé­na­rio) & Javier Casado (des­sin et cou­leur), Un peu de tartes aux épi­nards – t.01 : Bons bai­sers de Machy, Cas­ter­man, jan­vier 2019, 48 p. – 11,95 €.

 

Leave a Comment

Filed under Bande dessinée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>