Martha Rosler, Irrespective (exposition)

Dé-figuration mas­cu­line

La new yor­kaise Mar­tha Ros­ler mul­ti­plie — à la place d’expositions per­son­nelles — des pro­jets plu­riels où elle invite des artistes de divers champs afin de pour­suivre sa réflexion sur les ques­tions d’éducation, de vie pré­caire, d’urbanisme, etc.. Extrê­me­ment douée dans la fabri­ca­tion et la créa­tion d’images puis­santes, elle fait sou­vent pas­ser son tra­vail en second plan pour créer des phé­no­mènes plas­tiques plus larges.
Avec « The Mar­tha Ros­ler Library », elle a mis à la dis­po­si­tion du public près de 8000 ouvrages de sa col­lec­tion pri­vée dans des ins­ti­tu­tions artis­tiques, des écoles et des biblio­thèques. D’abord à la gale­rie new-yorkaise d’E-flux puis en Europe (Paris, Ber­lin, Amster­dam, Liver­pool, Edim­bourg). Les visi­teurs peuvent s’asseoir et lire ou faire des pho­to­co­pies gra­tui­te­ment de ses volumes. D’autres ini­tia­tives, comme des groupes de lec­ture et/ou des pré­sen­ta­tions de lec­tures publiques, ont été orga­ni­sées en rela­tion avec le projet.

L’artiste com­pose des envi­ron­ne­ments aussi réels qu’imaginaires, ouvre des mondes pos­sibles, au moment même où notre époque tend à confondre réel et vir­tuel. L’artiste rap­pelle com­bien nous vivons dans l’ère de l’écran et ses éclats média­tiques « offi­ciels », même dans l’aire des jeux. Contre ces visions, l’artiste dres­see ses contre-images afin de lut­ter contre les défor­ma­tions volon­taires de ses propres fenêtres et ce qu’un cri­tique a appelé un « land art fic­tif » où sou­dain les ima­gi­na­tions don­nées pour mortes ou sous per­fu­sion ima­ginent encore.
Pion­nière du fémi­nisme et d’un art concep­tuel, Mar­tha Ros­ler fait par­ta­ger des visions au sein de col­lages où la femme agit dans ses tra­vaux ména­gers pour créer un “ souviens-toi ” mais pour que celle-ci renaisse afin de créer un ailleurs propre à lui res­ti­tuer son inti­mité et ce, dans un sens du mythe qui ne fraye pas avec le regret mais l’espoir.

Un pré­sent est en vie au moment où le désir apprend une sou­ve­rai­neté intem­po­relle. Nous avons besoin de telles “ aven­tures ” parce qu’elles sont expli­ca­tives de la défi­gu­ra­tion qui a lieu sous le joug d’une société faite par les hommes et pour eux.

jean-paul gavard-perret

Mar­tha Ros­ler, Irres­pec­tive, Jewish Museum, New York, 2 novembre 2018 – 3 mars 2019.

1109 5th Ave at 92nd St
New York, NY 10128

212.423.3200
info@thejm.org

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