Jacques Cauda, Le Trou

Vol dans un nid de coucouroucoucous

Dans le livre de Cauda, ce ne sont pas les mâts de cocagne qui se suc­cèdent mais les lieux où ils prennent racines. D’autant que ceux dont il s’agit se réduisent à un seul – mais pas des moindres : celui d’un poète qui n’est pas habité par le doute lorsqu’un canyon s’ouvre vers une rivière avec retour. Cauda en épouse les méandres quelle qu’en soit la nature.
Obèses (les bien nom­mées) ou maigres comme un clou (qui rendent mar­teau), les femmes s’offrent à sa vin­dicte popu­laire et qu’importe si, pour ses céré­mo­nies secrètes, les belles de cas d’X aux pau­pières far­dées de rose et aux lèvres brunes uti­lisent en adjonc­tions cer­tains ustensiles.

L’émoi est sans limites dans ces his­toires, incar­nées comme rare­ment, en dif­fé­rents types de bota­niques (ta mère, mais pas seule­ment). Cer­taines femmes ne manquent pas de tou­pets et ceux-ci viennent cou­ron­ner la tige de l’auteur, d’autres ont le pis­til en forme de cro­chet même si cela est bien inutile : pour que son âme sonne, l’as de corps  a vite fait d’ôter (entre autres) son cein­tu­ron.
Toutes les nuances de roses sont assem­blées en une suite de bam­boches au centre de la terre. Le lieu qu’évoque Cauda n’est pro­pice qu’aux plantes grim­pantes. Les effu­sions pro­po­sées gué­rissent de dépres­sions sauf celle bien sûr où la mic­tion a lieu. L’endroit (et son envers) s’ouvre dès que le pol­li­ni­sa­teur s’approche — et s’il bar­guigne, des adju­vants méca­niques per­mettent d’entretenir les jeux.

Cauda a le don de repé­rer les astrules et les sca­breuses pen­du­laires dont il se fait le visi­teur du soir. Cha­cun aura com­pris qu’il n’a rien d’un ange — sinon annon­cia­teur de graines et ce, même lorsque ses réci­pien­daires ne risquent pas d’en être fort Marie. En tout état de cause, la tur­ges­cence au rouge clair est faite pour l’épanouissement de toute fleur. Cha­cune ne connaî­tra jamais, grâce à Cauda, l’impuissance.
Même les jours consa­crés à la Vierge l’auteur intro­duit son autel en leurs bou­quets. Et jusque dans les églises de bords de mère il dépose son dû comme un sex-voto.

jean-paul gavard-perret

Jacques Cauda, Le Trou, Edi­tions Fugi­tives, 2018.

Leave a Comment

Filed under Erotisme, Poésie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>