Katleen Victoriano (KAT 187) : Grenoble — Los Angeles. Entretien avec l’artiste

Artiste émer­geante, sans doute une des plus douées de sa géné­ra­tion, Kat­leen Vic­to­riano est créa­trice d’instinct ‚capable de tout méta­mor­pho­ser par sa maî­trise du geste créa­teur et du regard. Elle est à l’aise avec le graf­fiti comme la pho­to­gra­phie, domine les formes et les cou­leurs. Il lui manque seule­ment l’ambition de s’imposer. D’autres bien moins doués et per­for­mants qu’elle imposent leur à peu près. Elle, laisse ses œuvres bien trop dans l’ombre. Dans son œuvre, nul ne peut dire où s’arrête la dimen­sion du monde et où com­mence celle du mythe. Elle est donc capable de créer des fables où le réel rejoint la lumière d’étoiles plus proches d’elle qu’elle ne le pense. Il lui suf­fit de lais­ser ses mains voir pour que le monde trouve une inti­mité incon­nue et poétique.

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Je me dis que c’est un jour de plus qui me per­met de me rap­pro­cher de mes rêves et mes projets

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
J’ai la chance qu’ils soient tou­jours intacts !!! J’ai réa­lisé deux d’entre eux, qui étaient de voya­ger aux Etats-Unis et avoir beau­coup de tatouages sur le corps. Non je ne vou­lais pas être vété­ri­naire ou infir­mière comme toute les petites filles (ou alors ça m’a très vite passé). Je crois que je vou­lais juste être quelqu’un de libre ! Et le troi­sième est en bonne voie pour se réa­li­ser (mais par super­sti­tion je n’en dirai pas plus)

A quoi avez-vous renoncé ?
A pas grand chose fina­le­ment quand j’y pense…

D’où venez-vous ?
Une gre­no­bloise pure souche.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
Si je dis le mau­vais carac­tère de ma grand-mère ça marche ? C’est plu­tôt une fierté pour moi d’ailleurs !

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
Ecou­ter un mor­ceau de jazz devant un cou­cher de soleil.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres artistes ?
Peut-être ma remise en ques­tion per­pé­tuelle. Je n’ai abso­lu­ment aucune cer­ti­tude. Mes choix artis­tique varient selon mon humeur, mes sen­ti­ments voire  la météo !!!

Com­ment définiriez-vous votre approche du pay­sage ?
Je dirais tou­jours très urbaine. Même en pleine cam­pagne il faut que j’ajoute des touches rock ou urbaines. Le genre robe à fleur et cha­peau de paille n’a pas été créé pour moi je pense…

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?
C’est dingue mais c’est une toile qui est expo­sée au musée de Gre­noble que j’ai vue toute petite et qui, même aujourd’hui, me donne des fris­sons. Il s’agit du « Christ mort sur La Croix » de Phi­lippe de Cham­paigne. J’adore ce tableau ! Il est d’une noir­ceur abso­lue mais il y’a une telle force qui en res­sort. À chaque fois que je le vois je reste assise devant pen­dant un long moment. Comme la toute pre­mière fois où je l’ai vu. Et à chaque fois j’ai l’impression de décou­vrir quelque chose de nou­veau. Un véri­table chef-d’œuvre cette peinture!!!!

Et votre pre­mière lec­ture ?
Celle qui m’a mar­quée dans mes pre­mières lec­tures en tout cas fut « Quand j’avais cinq ans je m’ai tué » d’Howard Buten. Elle fut celle qui m’a donné le goût de la lec­ture pour les années qui ont suivi.

Quelles musiques écoutez-vous ?
J’écoute vrai­ment de tout ! De tous les styles et sur­tout de toutes les époques. C’est impor­tant d’être ouvert et sen­sible à tous les genre de musique. Et ça m’aide beau­coup pour mes créa­tions. Et puis ma mère m’a appris à être éclectique.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Il y’a beau­coup de livres que j’ai ado­rés et je suis une fan abso­lue de Ste­phen King mais le livre que j’ai déjà relu 2 ou 3 fois est « l’Homme qui vou­lait être heu­reux » de Laurent Gou­nelle. Il m’aide beau­coup à me recentrer.

Quel film vous fait pleu­rer ?
Sans hési­ter « Hat­chi » avec Richard Gere !!!

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Je vois un peu de mes grands-parents mater­nels, un peu de ma mère et sur­tout avec le temps et beau­coup de tra­vail je vois appa­raître l’adulte que je vou­lais être étant petite.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Au pré­sident de la Répu­blique pour lui dire tout le bien que je pense de lui !

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Les Etats-Unis évi­dem­ment, et plus par­ti­cu­liè­re­ment Los Angeles.

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
C’est pas évident de se com­pa­rer à d’autres artistes. On vou­drait tous être unique. En tout cas, ce qui est sur c’est que j’aurais aimé avoir l’esprit d’Oscar Wilde et l’humour de Louis de Funès.

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Un ticket gagnant pour le Loto. A part ça, je ne manque vrai­ment de rien.

Que défendez-vous ?
Je suis par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée par les per­sonnes han­di­ca­pées du fait de la situa­tion de ma mère.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
Ça me rap­pelle étran­ge­ment les rai­sons de mon divorce…

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Tota­le­ment d’actualité ! Plus per­sonne ne s’écoute. D’ailleurs plus per­sonne ne se parle ! Et je suis heu­reuse de vous par­ler aujourd’hui. M’avez-vous seule­ment écoutée ?

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
Ce qu’on peut me sou­hai­ter ? De nou­velles col­la­bo­ra­tions artis­tiques évidemment !!!!

Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 18 juin 2018.

1 Comment

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One Response to Katleen Victoriano (KAT 187) : Grenoble — Los Angeles. Entretien avec l’artiste

  1. Kalev de gaing

    Féli­ci­ta­tions, super inter­view ! On ne peut être que d’accord.… impose toi et oui je t’ai écouté,

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