Florence Andoka & Léo Dorfner, American Love Story

Madame rêvait

Le texte de frag­ments amou­reux d’ Ame­ri­can Love Story revi­site un mon­tage d’aquarelles éro­tiques et mémo­rielles de Léo Dorf­ner. C’est à la fois un point de départ, une réflexion et une adresse envers celui que la poé­tesse décri­vait ainsi lors de leur pre­mière rencontre-interview : “un jeune homme élé­gant et dis­cret fait son appa­ri­tion, puis prend place dans un fau­teuil de cuir rouge. Les yeux clairs, francs, dépour­vus d’arrogance.” L’œuvre est à son image et Ame­ri­can Love Story dans une écri­ture splen­dide devient une construc­tion men­tale et affec­tive qui pro­longe le « cinéma » de Dorf­ner.
C’est aussi et sur­tout une connais­sance amou­reuse des images hol­ly­woo­diennes mais au-delà de leur chromo. L’intuition poé­tique et l’imaginaire de Flo­rence Andoka les poussent plus loin en un road-movie exis­ten­tiel et un cinéma du cinéma. Sur­git une Amé­rique qui, comme dans New York Delire  (le livre fon­da­men­tal de Rem Kool­haas), ouvre à une recons­truc­tion super­be­ment et déli­ca­te­ment éro­tique là où Flo­rence Andoka s’adresse à elle-même mais aussi à La Femme plus icône qu’image.

Existent le désir et une dérive tra­gique esquis­sée en rela­tion avec l’œuvre plas­tique. Les deux approches rompent avec les prin­cipes de l’industrie de la repré­sen­ta­tion sexuelle. Demeure l’amour du cinéma par la force d’une écri­ture de l’intime d’une beauté rare. D’autant qui ni Andoka ni Dorf­ner ne pré­tendent dénon­cer quoi que ce soit : ils ont mieux à faire..
La poé­sie devient une manière d’interpréter l’oeuvre du plas­ti­cien et l’histoire des icônes ciné­ma­to­gra­phiques en évi­tant l’analyse concep­tuelle. Flo­rence Andoka fait appel à la sen­sa­tion et à l’émotion poé­tique sen­suelle comme à l’intelligence pour sou­der l’intimité de l’auteure à son modèle fémi­nin « imagé » par Dorf­ner. Là où ce der­nier ne cherche jamais et volon­tai­re­ment la per­fec­tion tech­nique, Flo­rence Andoka choi­sit la voie inverse et c’est ce qui rend ce dia­logue si beau et troublant.

lire notre entre­tien avec Léo Dorfner

jean-paul gavard-perret

Flo­rence Andoka & Léo Dorf­ner,  Ame­ri­can Love Story, Lit­te­ra­ture Mineure, Rouen, 2018.

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Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, cinéma, Erotisme, Poésie

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