Subodh Gupta, “Exposition”

Indian Tonic

Pour pré­pa­rer son expo­si­tion à la Mon­naie de Paris, Subodh Gupta (né en 1964 et vivant à New Delhi) a ras­sem­blé dans ce qui tient du han­gar et de l’atelier des dizaines d’ustensiles de cui­sine et d’autres objets qui appar­tiennent au monde de la cui­sine. Peintre de for­ma­tion, Gupta est inté­ressé par la per­for­mance, la vidéo, la pho­to­gra­phie, la sculp­ture et les ins­tal­la­tions. Il a trouvé dans ce lieu un temps de réflexion pour éla­bo­rer sa pre­mière rétros­pec­tive en Europe.
L’exposition met en valeur la diver­sité du tra­vail de Subodh Gupta en pré­sen­tant des sculp­tures emblé­ma­tiques com­po­sées d’ustensiles de cui­sine en inox comme « Very Hun­gry God », son œuvre la plus connue, d’objets mou­lés en métal et une vidéo « Seven Bil­lion Light Years ». Dans la diver­sité des maté­riaux l’artiste crée une constante explo­ra­tion de la pré­sence des rituels et de la spi­ri­tua­lité au sein du quotidien.

De ces objets pro­saïques, l’artiste tire une beauté et une poé­sie au moment où cer­tains objets appa­rem­ment insi­gni­fiants mènent vers une dimen­sion cos­mique sym­bo­li­sée par une immense jarre en métal doré avec à l’intérieur une autre plus petite, puis encore une autre. Au centre de cette mise en abyme, une pierre qui pour­rait être une météo­rite. Cette œuvre dit Subodh Gupta « sym­bo­lise le cos­mos, la galaxie et les pla­nètes, cela parle de l’univers comme beau­coup de mon tra­vail.»
Sont visibles aussi à la Mon­naie de Paris la tour faite de «lunch boxes » (gamelles que les Indiens se font livrer au bureau), sa « vache méca­nique » : la Royal Enfield, moto rêvée par toute une géné­ra­tion, entiè­re­ment fabri­quée à la main en métal doré, dont le porte-bagages est chargé de brocs à lait… L’art de Gutpa est aussi com­plexe que son pays. Il consi­dère son tra­vail plas­tique comme un moyen d’apprendre à par­ler et penser.

Ajou­tons que ces sortes de « ready made » pro­posent aussi une réflexion sur les usages du métal autant d’un point de vue sym­bo­lique que tech­nique et archi­tec­tu­ral là où se mélangent un lan­gage pre­mier, la vanité, le réel le plus « vul­gaire» et les corps les plus aériens.

jean-paul gavard-perret

Subodh Gupta, Expo­si­tion, Mon­naie de Paris, du 23 avril au 26 août 2018.

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