Claude Burdin, Peintures (exposition)

De la parure à la mentalisation

Créateur d’espaces en droite ligne de Polia­koff, Claude Bur­din ouvre un uni­vers créa­teur d’un roman­tisme très par­ti­cu­lier. Les frag­ments sont assem­blés dans une reprise de l’histoire de la pein­ture : s’y crée un pont entre le passé et le pré­sent.
L’univers pic­tu­ral appa­raît à la fois hors du monde et dedans entre « pano­ra­mas » et mor­cel­le­ments intem­pes­tifs. Ils fonc­tionnent comme des pièges au regard et nour­rissent une fée­rie par­ti­cu­lière. Il n’existe plus d’un côté le réel et de l’autre sa fic­tion. Ne res­tent que des signes qui se par­tagent entre l’ascèse et la sou­plesse. Ils deviennent autant des parures de l’air qu’une men­ta­li­sa­tion du réel.

Celui-ci change de registre et qua­si­ment de sta­tut. La pen­sée y court, cherche un sens dans les inten­tions du défi plas­tique de Claude Bur­din. Le réel est « défro­qué » là où tout ramène à l’ambiguïté essen­tielle du vrai lan­gage plas­tique. Il creuse le regard comme la fumée les pou­mons. S’y res­pire un loin­tain proche pour­tant. L’œuvre pro­duit des brèches géo­mé­triques à tra­vers l’espace. Emane un plai­sir inex­pli­qué par divers dépla­ce­ments en épures. Le geste de la créa­tion per­met d’investir l’espace en l’occupant totalement.

jean-paul gavard-perret

Claude Bur­din, Pein­tures, Gale­rie Ruffieux-Bril, Cham­béry, du 22 mars au 5 mai 2018.

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