Tania & Lazlo, Le temps d’un silence

A l’épreuve du temps

Les artistes ita­liens Tania Bras­sesco et Lazlo Passi Nor­berto se sont rencontrés lorsqu’ils étaient étu­diants à Venise. Depuis, ils vivent à New York. Leurs œuvres sont exposées dans des gale­ries et les musées du monde entier. Ils col­la­borent en fusion­nant leurs expériences en pas­sant de la per­for­mance, la pein­ture, l’installation à la pho­to­gra­phie et la vidéo. 
Le temps d’un silence  est celui d’une paren­tèse dans une approche que Tania et Lazlo figent dans le temps à tra­vers la série « Behind the Visible et Essence of Deca­dence ». Existent là des des scènes sur­réelles qui semblent issues d’époques et de temps différents propres à sug­gé­rer divers types d’émotion. Mais ici l’histoire devient celle d’une femme en recherche d’elle-même. Elle tente de sor­tir de la vie, du réel et de son époque en se libé­rant par les arts, la nature : la musique et la littérature.

De fait, jaillissent les images de son incons­cient nourri de culture mais sur­tout de ses démons, de ses obses­sions là où le jeu du passé annonce un mur­mure qui se trans­met de mère en fille et qui reste à peine audible tant il est proche du silence. En quête de son incons­cient, elle se confronte à son passé, mais tou­jours avec le regard tourné vers l’avenir. Ce passé tel un mur­mure presqu’inaudible, proche du silence. Tout est feu­tré mais inci­sif. Sur ou sous des cocons opa­lins s’inscrit la ryth­mique de pul­sa­tions en sen­sa­tions sati­nées. La brèche enchan­tée par ces échap­pées de charme se fait fruit de la pas­sion, huile de per­fec­tion.
Reste la sym­biose fan­to­ma­tique en bou­quet d’étoiles, en fila­ments dis­crets ou courses d’animalcules en une infi­nie liberté ou en un appel à dis­pa­raître. Chaque image est un sou­pir et rap­proche d’instants vir­tuels mais magiques. Les déro­bades enla­cées bâtissent la fra­gi­lité ber­cée dans un nid de tendresse.

Une moel­leuse his­toire énig­ma­tique lance ses effluves. Elle trouve ici l’équinoxe au milieu d’images lim­pides qui s’envolent vers les abysses. Il s’agit de glis­ser hors du temps sur l’instant d’une fébrile per­ma­nence. Hale­tant, le souffle embrasé se réduit, le coeur se désha­bille. Les émo­tions incan­des­centes crous­tillent sur un fond de vie cachée.

jean-paul gavard-perret

Tania & Lazlo, Le temps d’un silence, Ségo­lène Bros­sette Gale­rie, Paris du 8 mars au 12 mai.

Leave a Comment

Filed under Echos d'Italie / Echi dell'Italia, Erotisme

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>