Cindy Wilson, Change

Tous les matins du monde

L’album de Cindy Wil­son porte bien son nom. Celle qui fut non seule­ment chan­teuse mais auteure-compositrice de B-52’, se pré­sente pour la pre­mière fois en solo avec des musi­ciens amis d’Athens (Geor­gie) et pas des moindres. Le New-Wave appa­raît encore dans des titres comme « Stand Back Time » mais néan­moins l’album dérive vers une électro-pop sub­tile. Cindy Wil­son quitte sa voix rock pour des sono­ri­tés beau­coup plus douces proches du mur­mure. L’ensemble est pré­gnant et sur­pre­nant chez une telle créa­trice. Elle pro­pose un son qui rap­pelle de loin ses racines pre­mières en les insé­rant tota­le­ment dans une « ambient » très contem­po­raine et envoû­tante.
Les titres comme « Mys­tic » ou « Sun­rise » sont superbes d’émotions et l’artiste pré­sente deux reprises inat­ten­dues et per­son­nelles : « Things I’d Like to Say » du soft rock de « Nex Colony Six » et « Bro­ther » de « Oh-Ok ». L’ensemble est tota­le­ment har­mo­nieux et fait de cet album l’exemple par­fait d’un concept album atta­chant et intimiste.

Cindy Wil­son y appa­raît comme une artiste com­plexe. Elle sou­ligne com­bien le jeu de l’unité passe par celui de la « dis­per­sion ». Face aux bluettes stan­dar­di­sées, la créa­trice impose une musique plus essen­tielle, sourde, aussi sophis­ti­quée qu’imprégnée des stig­mates de la fan­tas­ma­go­rie. En découle une sen­sua­lité que l’artiste décale par sa voix deve­nue aussi char­nelle que caressante.

jean-paul gavard-perret

Cindy Wil­son,  Change, Kill Rock Stars / Ber­tus France, 2017.

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