Isa Sator, Les Grandes Cocottes (exposition)

Hue Cocottes !

Sulfu­reuse comme a son habi­tude, Isa Sator met les petits plats dans les grands, et les demi-mondaines avec leurs rats gan­dins de pas­sage. Ils en fai­saient leur quatre heures et elles, leur pluie et leur beau temps. Les voici plus que jamais char­nelles, espiègles dans un bain de jou­vence colo­rée qui rap­pelle leurs frasques et leur stra­té­gies par­fois dou­teuses.
Les fra­grances du véti­ver en été comme en hiver ne mas­quaient pas tou­jours le souffre qui éma­naient d’elles. Une fois leurs cor­sets déla­cés, plus d’un sage se met­tait autant à table qu’au plumard.

Rendons hom­mages aux séna­teurs de notre temps d’autoriser le rap­pel de leurs ancêtres selon des pro­cé­dures qui n’ont rien de pré­to­riennes. Les des­centes de cuisse rem­placent ici celles du per­choir et le slo­gan impli­cite semble : qu’importent les déboires si les délices sont là. Il sera temps plus tard pour res­ser­rer « haire et dis­ci­pline » (Molière). Car pour l’heure, c’était bien l’âme ani­male que la viande exha­lait de des­sous les corsages.

jean-paul gavard-perret

Isa Sator,  Les Grandes Cocottes, Jar­din du Luxem­bourg, Expo­si­tion du 10 au 21 août 2017. Oran­ge­rie du Sénat, Paris 6e.

 

 

 

 

 

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