Philip Trager, Ina

L’amour des images, images de l’amour

Philip Tra­ger a pho­to­gra­phié sa femme à deux périodes seule­ment de leur vie com­mune. La pre­mière série début des années 80 en noir et blanc puis entre 2006 et 2011 en cou­leurs après 50 ans de mariage. Ces images sont le mixage de l’intimité et de sa théâ­tra­li­sa­tion vou­lue comme telle en tant que chant d’amour à l’épouse.
Les pho­to­gra­phies ont été réa­li­sées lors de ses­sions inten­sives plus qu’en tant que jour­nal intime au fil du temps. Elles incarnent autant l’amour qui per­dure que la pas­sion des deux pro­ta­go­nistes pour l’art. Grand spé­cia­liste du noir et blanc, l’artiste est entré dans la cou­leur par cette série. Il y est aussi à l’aise et trouve dans le jeu des tona­li­tés plus dis­pa­rates une manière de valo­ri­ser les jeux d’ombres et de lumière. Cette approche construit une psy­ché par­ti­cu­lière et une lutte contre le temps.

D’une série à l’autre, d’un temps à l’autre le corps ne change pas, il semble même rajeu­nir et l’approche de la cou­leur n’y est pas pour rien. C’est un peu d’eau vive. Elle demeure garante de ce qui ne peut se dire autre­ment. Même avec le temps ou en dépit de lui, le visage garde les traces de sa ger­mi­na­tion. Elle ne dis­pa­raît pas. Il est pal­pable. Comme l’amour du pho­to­graphe pour son “modèle” à tra­vers lequel il donne une image de lui-même.

jean-paul gavard-perret

Phi­lip Tra­ger, Ina, Steidl édi­tion (et Ilon Art Gal­lery, New-York, du 24 mars au 29 avril 2017).

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