Philippe Sollers, Beauté

Don Juan sur le retour

 Sollers est capable de tout. Du meilleur (ces deux der­niers livres parus chez Gal­li­mard en 2016 le prouvent) comme du moins meilleur (euphé­misme). Il lui arrive de res­sem­bler à un Hervé Bazin peu hyper au point. Celui qui fut des­pote des lettres reste une lumière mais cli­gno­tante. Renouant avec sa veine roman­tique, il glisse ici ses belles de cas d’X sous cou­vert d’une jeune pia­niste grecque (son ori­gine est ici tout un sym­bole eu égard à la conjonc­ture actuelle).
L’adepte des beaux bars n’est pas for­cé­ment men­teur mais se veut esthète qui sacri­fie au finan­ce­ment, au culte de la beauté. L’amour est tou­jours pré­sent: il fau­drait encore le faire tant qu’il est chaud. Mais il arrive que les comptes en berne de libido ne soient pas for­cé­ment en Suisse. Et lorsque la pia­niste boit du thé au citron, il convient de ne pas avoir de zestes dépla­cés. Sol­lers se fait smart faune : il ne dis­tille que cin­quante nuances d’earl grey tant la grotte de la squaw musi­cale semble impénétrable.

 Telle une Frida qu’à l’eau ne se désal­tère, il devient gau­cher de la main droite. Enle­ver le pull de la vir­tuose pour jouir à perdre la laine reste une vue de l’esprit même si sa jupe est col­lante comme une main. Bref, le nar­ra­teur res­tera un pré­fa­cier par goût des intro­duc­tions musi­cales. Et ce, au nom de Noël de l’amour transi dont il n’a oublié ni la par­ti­tion ni les kyrielles de boules et de guir­landes enchantées.

jean-paul gavard-perret

Phi­lippe Sol­lers, Beauté,  Gal­li­mard, col­lec­tion Blanche, 2017.

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