Raphaël Glucksmann, Notre France, Dire et aimer ce que nous sommes

Vidange

L’ huile de vidange phi­lo­so­phique de Glucks­mann assi­mile toute pen­sée qui n’est pas sienne à une patho­lo­gie. Et ce, dans la ligne directe d’un Adorno et au nom d’un père, d’un Sur­moi qui trans­pose un com­por­te­ment indi­vi­duel à la société et pour leur bien. Le nou­veau gou­rou fait l’impasse sur tout ce qui se joue dans le devenir-soi d’une société (la Fran­çaise) où seule une pen­sée de gauche serait le pos­sible adve­nir à ce qu’elle doit être. Un cos­mo­po­li­tisme orienté dans le « socius » (Deleuze) par le maître pen­seur et sa pen­sée posi­tive se veut « l’envers d’un dis­cours réac­tion­naire » au nom d’un mar­xisme larvé éloi­gné — en dépit des appa­rences dont se pare le dis­cours — de toute pen­sée duale et démo­cra­tique.
Glucks­mann est le symp­tôme d’une pen­sée ce qui se refuse à tout deve­nir autre que la doxa qu’il impose. Sous pré­texte de ras­sem­bler le société et dans le leurre du culte de l’autre, la vertu est ici un piège qui cultive des exclu­sions tacites. L’auteur se drape d’une pen­sée de la mixité dont il serait l’héritier. C’est là une vue de l’esprit d’un grand bour­geois qui ne se sent aliéné que par ce qui entrave sa zone de confort intel­lec­tuel. Par­fait modèle de tous les réseaux ins­ti­tu­tion­nel aux pos­tures pro­tes­ta­taires inopé­rantes, il reste le bala­din des palais poli­tiques (il fut le conseiller du « roi » en Géor­gie et Ukraine), média­tiques et intellectuels.

De telles impli­ca­tions prouvent que son échelle n’est pas celle du réel mais des arcanes des pou­voirs. Sa phi­lo­so­phie se veut à l’estomac mais elle n’est pas celle d’un esto­mac vide. L’auteur a beau reven­di­quer comme absolu l’esprit de la Com­mune de Paris, il reste le des­cen­dant d’une élite auto­pro­cla­mée qui sur­plombe de sa superbe ceux que peu ou prou, elle pré­tend régen­ter en don­nant des leçons de conduite à une gauche et à une droite réfor­mistes.
La logique de l’histoire de la phi­lo­so­phie poli­tique se courbe sous le carac­tère uni­voque d’une méthode trans­for­mée en pro­gramme contre le mal. Sont oubliés bien des leçons de l’histoire et de ses per­dants. Elles viennent pour­tant tordre le cou aux idéo­lo­gies pour qui garde un mini­mum de luci­dité face à ce que les pré­ten­dus révo­lu­tions fomentent contre la misère et l’inégalité. Les solu­tions tota­li­taires ne sont qu’illusoires en ne fabriquent qu’un conser­va­tisme plus ultra et périlleux que celui qu’elles pré­tendent rem­pla­cer. Si bien que dans cette ode à la France cos­mo­po­lite et sous cou­vert d’humanisme, Glucks­mann pra­tique un net­toyage trop facile et hâtif des toxi­co­manes qui ne pensent pas comme lui.

jean-paul gavard-perret

Raphaël Glucks­mann, Notre France, Dire et aimer ce que nous sommes, Allary Edi­tions, 2016.

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