Céline Guichard, Mauvais graines II (exposition)

Les pestes de Céline Guichard

Les des­sins de Céline Gui­chard n’excluent jamais la peur mais recèlent une beauté et une drô­le­rie corus­cantes. Les­quelles pro­voquent par­fois même, en leurs frag­ments, une fas­ci­na­tion, une panique et une dévo­tion. L’être peut s’engager au dedans car elles sont des par­ties de lui-même. C’est pour­quoi l’humain se « découvre » d’une autre façon.
En par­ti­cu­lier, le corps fémi­nin n’est plus un bla­son. Mais s’en dégage une puis­sance éton­nante par clins d’œil et farces. La puis­sance des femmes rap­pelle tou­jours au même le peu qu’il est. Mais qui sait ? Céline Gui­chard néan­moins lui pré­dit un ave­nir ou des hypo­thèses qu’il ne soup­çon­nait pas vrai­ment. Le désir prend au sein d’algarades d’étranges pro­por­tions. Séquence par séquence, mor­ceau par mor­ceau au cœur de l’hybridation se mettent en place de nou­velles don­nées corporelles.

Sourdent un irré­mé­diable et une para­doxale injonc­tion vitale sug­gé­rés en les élé­ments du corps. Celui-ci demeure l’ « objet » (ou le sujet) obses­sion­nel par excel­lence que traite l’artiste. Confron­tés à de telles œuvres – et c’est une de leurs valeurs majeures – les regar­deurs sont plon­gés au sein d’une com­mu­nauté étrange. Ne sub­siste aucune sol­li­ci­tude sécu­ri­sante.
On ne connaî­tra plus une tran­quillité apai­sante. Res­tent des invi­ta­tions au voyage. Avec la part du risque que cela entend.

jean-paul gavard-perret

Céline Gui­chard, Mau­vais graines II, Espace Topo­gra­phie de l’art, Paris, du 10 mai au 16 juin 2016.

 

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