Walter Benjamin, Paris capitale du XIXème siècle

Paris n’est plus ici

Walter Ben­ja­min a prouvé com­ment le cœur de la ville change, non avec « le cœur des mor­tels » (Bau­de­laire), mais avec leurs condi­tions éco­no­miques.
L’auteur fait d’ailleurs appel au poète des Fleurs du Mal :
« Pour la pre­mière fois chez Bau­de­laire, Paris devient objet de poé­sie lyrique. Cette poé­sie locale est à l’encontre de toute poé­sie de ter­roir. Le regard que le génie allé­go­rique plonge dans la ville tra­hit bien plu­tôt le sen­ti­ment d’une pro­fonde aliénation ».

Nous voici ren­dus au lieu de l’architecture de la per­sua­sion et du raco­lage. Ben­ja­min annonce aussi et en quelque sorte le Phi­lip Roth et son “Rêve amé­ri­cain”. Paris rap­proche et éloigne, fas­cine et révulse dans la modi­fi­ca­tion de son pay­sage. L’être risque de deve­nir une pré­sence in absen­tia. L’architecture de l’ornemental est des plus ambi­guës. Paris devient le ter­ri­toire inter­lope du vide et du trop-plein.
Preuve que la société de consom­ma­tion n’est jamais avare de gâchis et de des­truc­tion. La déli­vrance est absente, le dépla­ce­ment pro­posé n’est qu’un départ raté, une attente exas­pé­rée. La « béance ocu­laire » chère à Lacan s’inscrit dans la construc­tion comme dans la dévoration.

jean-paul gavard-perret

Wal­ter Ben­ja­min, Paris capi­tale du XIXème siècle, Des­sins de Julio Silva, Fata Mor­gana, Font­froide le Haut, 2016, 64 p.

 

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