Christophe Arleston & Didier Tarquin, Lanfeust Odyssey — t. 7 : La Méphitique armada

Quand Lan­feust est égal à lui-même…

Lanfeust est l’antihéros ima­giné par Arles­ton pour ani­mer sa saga magique. Celle-ci empreinte, la magie en plus, aux récits d’Homère. C’est une fresque qui mêle actions éche­ve­lées, aven­tures débri­dées, humour potache et décalé. Le scé­na­riste déploie dif­fé­rentes sai­sons de la saga avec le même esprit fron­deur. Après la mise en place du cadre et des pre­mières aven­tures pica­resques du héros, il lui fait faire une incur­sion dans les étoiles avant de reve­nir au pays, un pays où vingt ans se sont écou­lés alors que lui n’en n’a vécu que deux.
L’humble for­ge­ron, doté de la capa­cité de faire fondre les métaux d’un regard, est devenu une légende pour les jeunes et une gêne, une épine dans le pied des plus anciens. Dans cette sai­son, il doit faire face à une entité venue des étoiles et qui, par son nom facile à décryp­ter, amène le côté effrayant que l’on prête à Lilith, la pre­mière femme, la femme avant Ève, deve­nue un démon dans la tra­di­tion juive.

Un couple illé­gi­time, sur un voi­lier de plai­sance, assiste contre son gré à d’étranges évé­ne­ments : une île qui n’existe pas, des gens qui vont et viennent sur cette terre nou­velle, puis une armada qui épe­ronne le frêle esquif. Cette île, c’est le Maga­ha­moth qui a émergé pour être ravi­taillé en épice Henhülf par Lan­feust et le peuple du Delta. L’armada est celle menée par Lylth, une créa­ture sur­gie de la porte des étoiles et qui traque toute source d’énergie capable d’alimenter ses pou­voirs. Et le Maga­ha­moth serait une prise de choix pour la dévo­reuse de mondes.
Celle-ci, après avoir tenté, sans suc­cès, de prendre l’énergie de l’animal fabu­leux, repère le bateau de Lan­feust et charge ses guer­riers de le capturer.Face à tant de navires char­gés de toute la popu­la­tion d’Eckmül qu’elle a hyp­no­ti­sée, Lan­feust n’a d’autre solu­tion que d’utiliser le pou­voir d’une de ses épouses pour faire voler le bateau. Dans l’armada, Hébus, le Troll, repère Lan­feust et indique sa pré­sence et fai­sant manœu­vrer les voi­liers pour ins­crire son nom vu du ciel. Pour vaincre Lylth, le héros doit décou­vrir son point faible et, pour cela, l’approcher. Or, elle connaît bien son can­cre­lat rouge. Les épouses décident de le déguiser…

 Cette saga pri­vi­lé­gie l’aventure et l’action pour l’action avec une inven­ti­vité qui ne se démet pas dans les péri­pé­ties. Le scé­na­riste reprend les clas­siques du genre, les refa­çonne à sa manière pour en faire des péri­pé­ties inno­vantes. L’humour est comme la magie, par­tout dans les dia­logues comme dans les des­sins de Didier Tar­quin. On se régale des bons mots, des remarques abruptes, des reprises de phrases célèbres qui deviennent des répliques cultes. Chris­tophe Arles­ton donne à ses per­son­nages fémi­nins une véri­table dimen­sion d’héroïnes, fai­sant d’elles le véri­table moteur de l’intrigue. Didier Tar­quin conti­nue à illus­trer les aven­tures du per­son­nage qu’il a mis en images, depuis 1994, avec le même talent, la même créa­ti­vité, qui font de ces pages une com­po­si­tion remar­quable.
Ce vingt-troisième album est tou­jours aussi drôle, inven­tif et plai­sant à lire que les pré­cé­dents. Il offre un bon moment de détente.

serge per­raud

Chris­tophe Arles­ton (scé­na­rio), Didier Tar­quin (des­sin), Lyse (cou­leurs), Lan­feust Odys­sey, t.7 “La Méphi­tique armada”, Edi­tions Soleil, novembre 2015, 48 p. – 14,50 €.

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