Herik Hanna & Thomas Labourot, Détectives t. 4 : “Martin Bec — La Cour silencieuse”

Un joli coup de Bec !

À Paris, en octobre 1932, le com­mis­saire Mar­tin Bec arrive sur les lieux où une femme gît sur le sol après une chute à tra­vers une fenêtre. Acci­dent ou crime ? Les voi­sins, inter­ro­gés, embar­qués à la PJ, n’ont vu ni entendu quoi que ce soit. La vic­time est l’épouse de Jean-Baptiste Clerc, un col­lègue des Mœurs. Le mari, après le choc, accuse un clo­chard qui a élu domi­cile dans la cour de l’immeuble. Mais celui-ci a dis­paru. C’est par le biais d’un recé­leur assagi que la police retrouve le clo­chard en pos­ses­sion des bijoux de la vic­time. C’est un indi­vidu connu du com­mis­saire sous le sobri­quet de Pierrot-la-guibolle. Arrêté, celui-ci avoue. Il vou­lait les bijoux, il a bous­culé la femme qui est alors tom­bée. Cepen­dant, aux yeux de Bec, mal­gré les aveux com­plets, signés, des détails ne collent pas. Contre l’avis de sa hié­rar­chie, le com­mis­saire conti­nue d’enquêter…
Mar­tin Bec, ce poli­cier emprunte beau­coup à Jules Mai­gret, avec son goût pour la bonne chère, les petits bis­trots, la pipe et ses rituels, l’opiniâtreté, la volonté de tra­quer la vérité même contre l’avis de tous. Le scé­na­riste ima­gine une intrigue à huis clos dans une cour d’immeuble où cha­cun, s’il se défend de savoir quelque chose, a peur. Il com­pose, à cet effet une gale­rie de per­son­nages typiques, aux occu­pa­tions clas­siques telles que celles qu’on pou­vait retrou­ver dans un immeuble pari­sien des années 1930. Autour d’une concierge gra­vitent les tenants de métiers arti­sa­naux, ces gens du peuple aujourd’hui exi­lés dans de loin­taines ban­lieues compte tenu du coût des loyers.

La trame de cette affaire menée avec rythme n’est pas sans rap­pe­ler une intrigue célé­bris­sime d’Agatha Chris­tie. Le des­sin a été confié à Tho­mas Labou­rot, qui donne un ton très per­son­nel à une mise en images de fac­ture assez clas­sique. Avec des cadrages astu­cieux, des vignettes pleine page d’une grande qua­lité ou en zoo­mant sur des points pré­cis, un souci du détail pour des décors et des vête­ments d’époque, son gra­phisme pro­cure un grand plai­sir à le vision­ner.
Un album qui se lit avec inté­rêt tant pour une intrigue astu­cieu­se­ment mon­tée que pour une mise en images attractive.

serge per­raud

Herik Hanna (scé­na­rio), Tho­mas Labou­rot (des­sin) & Lou (cou­leur), Détec­tives, t. 4 : “Mar­tin Bec — La Cour silen­cieuse”, Del­court, coll. “Conquis­ta­dor”, sep­tembre 2015, 56 p. – 14,95 €.

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