Mourier, Arleston, Trolls de Troy tome 7 : Plume de sage

Personne de résiste au charme du sta­giaire Eouïng… et voilà toute la bande repar­tie pour une aven­ture pleine de baffes et de ripailles !

Le véné­rable Rysta Fuqua­tou est sous le coup d’une hor­rible malé­dic­tion : il a été mélangé avec un oiseau. Pour se débar­ras­ser de ses plumes, une seule solu­tion : boire du lait de trolle sau­vage. Le sage d’Eckmül arrivera-t-il à traire l’une des char­mantes bêbettes à poils ? Grâce au pou­voir du sta­giaire Eouïng - se rendre sym­pa­thique à toute per­sonne l’approchant de trop près - cet exploit semble moins irréa­li­sable. Le fourbe sta­giaire va donc s’introduire à Pha­lompe, évi­ter la cas­se­role et atti­rer la radieu­se­ment grosse Pui­te­pée dans les embûches de l’échopping. S’en suivent une série de gags, baffes et autres tor­gnoles que n’auraient sans doute pas reniée nos ancêtres les Gaulois.

Certains reprochent peut-être à Arles­ton de faire du Gos­cinny sans avoir le talent du maître. On peut désor­mais leur rétor­quer tout net d’arrêter de bou­der leur plai­sir. Dans Trolls de Troy, l’héritage est plei­ne­ment reven­di­qué. Dans le texte d’abord : ils sont fous ces humains ! Dans les situa­tions ensuite : les bagarres dans le vil­lage, ou même ce déjeu­ner dans la hutte de Tëtram à la page 23 (il rap­pelle étran­ge­ment cer­taines cases d’Asté­rix)… Dans les per­son­nages enfin… de Détri­tus à Eouïng, il n’y a qu’un pas que le rap­pro­che­ment avec La Ziza­nie (la scène en ville) nous per­met de fran­chir allègrement…

Pour­tant Arles­ton ne se contente pas de citer ses clas­siques. Son écri­ture n’appartient qu’à lui. C’est main­te­nant avec plai­sir qu’on retrouve le petit monde de Troy, ses trolls et ses situa­tions abra­ca­da­bran­tesques… Dans ce sep­tième opus, le scé­na­riste com­mence d’ailleurs à jouer sur le comique de répé­ti­tion. De son côté, Mou­rier mul­ti­plie les réfé­rences. Entre les planches elles-mêmes d’abord, avec des cases qui se répondent, ou des actions par­fai­te­ment paral­lèles. Avec l’univers de Soleil ensuite : on croi­sera ainsi Noa, l’héroïne de Sky.Doll, ou Chris­tophe Arles­ton lui-même dans les pages de Plume de Sage. Quant aux enseignes qui encombrent la rue com­mer­çante de la ville où se déroule le mas­sacre… Sur la cou­leur de Claude Guth, il n’y a rien à dire : elle est vive, elle accroche, on ne s’ennuie pas.

Bref, on en prend plein la figure tout au long de ces pages et on rigole bien. Un seul petit bémol peut-être : la vio­lence bana­li­sée qui anime nos héros. Mais bon, on leur par­donne, ce sont des trolls quand même ! Arles­ton et Mou­rier ont réussi à retrou­ver le cock­tail magique d’Asté­rix : plu­sieurs niveaux de lec­ture, des réfé­rences, des jeux de mots, de l’action, et beau­coup d’humour !

Mar­tin Zeller

   
 

Mou­rier (des­sin — cou­leurs de Guth) / Arles­ton (scé­na­rio), Trolls de Troy tome 7 : Plume de sage, Soleil, avril 2004, 48 p. — 12,50 €.

 
     
 

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