Vittorio Messina, Exposition

Art et matière

Vitto­rio Mes­sina, natif à Zaf­fe­rana Etnea  en 1946, s’est construit à l’Académie des Beaux-Arts et à la Faculté d’Architecture de Rome. Il fait ses débuts entre 1978 et 1979 dans l’espace de San’Agata dei Goti puis  à Milan à la Gal­le­ria Dia­framma et en 1982 à Live­rani à La Salita à Rome. Chez Mas­simo Minini à Bres­cia, il expose en 1984  puis en 1991, tan­dis qu’à par­tir de 1986 il expose  ses pre­mières grandes expo­si­tions inter­na­tio­nales : au Japon à la gale­rie Shi­mada et en Alle­magne au Molt­ke­rei Werks­tatt de Cologne.

Il est connu pour son tra­vail sur un genre de sculp­tures lié aux formes et aux maté­riaux de l’architecture, appelé “”. Ce type d’œuvre domine ce qu’il crée. Dans le cadre de cette recherche, Mes­sina a éla­boré à plu­sieurs reprises l’iconographie de la « cel­lule » en tant qu’unité de réfé­rence, syno­nyme de la « pièce », c’est-à-dire de l’élément de base de l’architecture, et en par­ti­cu­lier de la construc­tion urbaine.

Messina a sou­vent uti­lisé des maté­riaux et des méthodes de construc­tion de consom­ma­tion, met­tant en évi­dence les abus que l’art consomme par rap­port à la dégra­da­tion et aux pro­blèmes envi­ron­ne­men­taux et sociaux qui se pro­duisent dans les ban­lieues métro­po­li­taines. Il fait preuve d’une grande mobi­lité, au point qu’il est dif­fi­cile de le clas­ser dans un genre clai­re­ment identifiable.

Il convient de men­tion­ner la réfé­rence de l’artiste, dans plu­sieurs de ses œuvres, à la per­son­na­lité de Wer­ner Hei­sen­berg, père du « prin­cipe d’incertitude », qui, en rai­son de ses impli­ca­tions lin­guis­tiques et struc­tu­relles, semble avoir ins­piré la phi­lo­so­phie de la pré­ca­rité et de l’incomplétude, une pen­sée dont beau­coup des inter­ven­tions de l’Italien sont infor­mées et créées.

La notion d’« archéo­lo­gie » construit ses expo­si­tion et est un concept com­plexe, qui rap­pelle une autre idée du temps, de l’espace, de l’histoire, mais aussi une nou­velle idée de l’avenir. Son « Théâtre natu­rel » est devenu en  2023 un moyen d’enquêter sur l’occurrence dis­con­ti­nue d’événements, de faits et de docu­ments qui rendent pos­sible l’histoire sur les rai­sons pour les­quelles ces faits et docu­ments conti­nuent d’exister.

L’œuvre de Mes­sina nous pro­jette dans un espace qui relie la diver­sité des dimen­sions tem­po­relles sur les motifs de ses recherches autour du concep­tua­lisme et a orienté son tra­vail dans un sens mul­ti­mé­dia.  Il conti­nue de déve­lop­per le tra­vail de l’artiste sur l’utilisation des maté­riaux (par­fois sonores) et nous ramène au rap­port à la tech­no­lo­gie et à la réflexion sur notre époque.

jean-paul gavard-perret

Vit­to­rio Mes­sina, Expo­si­tion, Gal­le­ria Gagliardi et Domke via Cer­vino 16, 10155 Torino, 2024.

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