Christophe Arleston, Melanÿn & Dany — Les Guerrières de Troy , tome 2 : “L’Or des profondeurs”

Une aven­ture pleine de charmes

Lynche et Raya sont mer­ce­naires. Après avoir failli s’écharper, étant dans des camps oppo­sés, elles se détendent à une ter­rasse. Une cara­vane huma­ni­taire quête pour le Del­pont, une région loin­taine, où sévit une ter­rible famine. Yquem, à la voix per­sua­sive, décrit l’horreur, les enfants affa­més aux ventres gon­flés… Raya, séduite par le beau par­leur, s’engage. Lynche est intri­guée par l’emblème gravé sur les cha­riots. Yquem répond que c’est celui de son vieux maître Myrgl, qu’il a repris. Or, la mer­ce­naire porte le même motif tatoué sur le sein gauche.
Après avoir affronté de nom­breux dan­gers, la cara­vane rejoint le Palais Rouge, le repaire de Myrgl, un méta­morphe. Celui-ci s’empare des deux mer­ce­naires pour faire avouer à Lynche où se trouve l’or qu’une bande de per­sonnes, por­teuses des mêmes tatouages, lui a volé il y a vingt ans. Il les fait tor­tu­rer. Issan, experte en poi­sons, pro­pose de les aider à s’évader contre une part du tré­sor. Les trois guer­rières uti­lisent les boyaux emprun­tés par le méta­morphe pour voya­ger dans le Palais Rouge. Mais elles débouchent dans la salle sou­ter­raine où Myrgl dort, sous la forme d’un énorme ser­pent, sur l’or récolté par la cara­vane humanitaire…

Cette his­toire s’inscrit dans la chro­no­lo­gie de Troy, dans les années 1450 entre Tykko des sables et Nuit Safran. Chris­tophe Arles­ton et Melanÿn racontent la saga de trois guer­rières qui mar­quèrent leur époque. Les scé­na­ristes déve­loppent un récit tonique avec actions mus­clées et tous les ingré­dients d’un récit d’aventures pas­sion­nantes, et l’intègrent adroi­te­ment dans l’univers de Troy. Cepen­dant, les auteurs vont au-delà du cadre de la fan­tasy. Ils concoctent une fable acerbe sur les chantres huma­ni­taires dont l’unique objet est d’en vivre luxueu­se­ment. Ils dénoncent ces pra­tiques, ces cam­pagnes menées par des struc­tures aux diri­geants avides qui jouent sur la misère humaine, sur la détresse des popu­la­tions pour se « gaver ». Ils pointent aussi, par rico­chet, ces bou­li­miques de la richesse, ces indi­vi­dus sou­mis à l’addiction de la pos­ses­sion, cette course en avant lamen­table de ceux qui en veulent de plus en plus, prêts à toutes les com­pro­mis­sions, les exac­tions pour aug­men­ter leurs fortunes.

Dany, un auteur dont le coup de crayon fait mer­veille pour faire naître, sur le papier, de pul­peuses créa­tures, signe des­sin et cou­leur. Avec ces trois guer­rières, une brune, une blonde et une rousse, il reprend les usages de l’illustration de fan­tasy qui veulent que toutes les jeunes femmes ne portent que des vête­ments arach­néens dévoi­lant des plas­tiques avan­ta­geuses. Mais le tra­vail gra­phique est superbe tant dans les décors que dans le dyna­misme des actions. Il réa­lise une mise en page plus que soi­gnée.
Les Guer­rières de Troy se révèle un dip­tyque à côté duquel il ne faut pas pas­ser. Cette série pos­sède des qua­li­tés scé­na­ris­tiques et gra­phiques remarquables.

serge per­raud

Chris­tophe Arles­ton et Melanÿn (scé­na­rio), Dany (des­sin et cou­leur), Les Guer­rières de Troy, tome 2 : “L’Or des pro­fon­deurs”, Soleil, coll. : “Géné­rale”, octobre 2013, 52 p. – 14,50 €.

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