Miriam Cahn, Nous étions vieux

La mai­son de l’être

Miriam Cahn rap­pelle que nous ne sommes jamais si près de quelqu’un ou de quelque chose que de notre chaise. De la mai­son de l’être, elle est le plus fidèle ins­tru­ment. L’artiste s’y pose pour des­si­ner ses œuvres avant de les peindre à même le sol et par­fois de s’évader vers des ciné­mas, concerts, théâtres, gale­ries. Elle y revient sans cesse pour s’affronter à elle-même et don­ner sens à ce qui fait la médio­crité de l’existence quelles qu’en soient les pompes et cir­cons­tances. Conti­nue rea­ding

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Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Poésie

Juanra Fernandez & Mateo Guerrero, Gloria Victis — t.1: “Les Fils d’Apollon”

Gloire aux vaincus !

De l’Empire romain, la Grande His­toire a retenu le goût des citoyens pour les jeux du cirque, par­ti­cu­liè­re­ment les com­bats des gla­dia­teurs. Cepen­dant, les courses de chars consti­tuaient alors un des diver­tis­se­ments majeurs de la Rome antique. Les conduc­teurs de qua­drige sont des héros adu­lés du public. Sur leurs vic­toires, des parieurs risquent des for­tunes. La série Glo­ria Vic­tis place son action au cœur de ce diver­tis­se­ment, dévoi­lant les cou­lisses de celui-ci. Conti­nue rea­ding

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Les particules élémentaires (Michel Houellebecq/Julien Gosselin)

Une magni­fique et fidèle adap­ta­tion du roman majeur de Houel­le­becq

Dans le noir, il y a quelques lumières LED dis­sé­mi­nées tout autour de la scène, anti­ci­pa­tion futu­riste d’un contrôle omni­pré­sent. Après une pro­fé­ra­tion méta­phy­sique qu’une voix can­dide lar­moie dans le noir, on assiste à une pré­sen­ta­tion des per­son­nages. Il s’agit des der­niers moments del’odyssée humaine, racon­tée à tra­vers la misère affec­tive de deux frères aux carac­tères antinomiques.


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Dostoievski (Wladimir Chotinenko)

Ou com­ment enle­ver le bronze d’un monu­ment de la  lit­té­ra­ture russe

Une série télé­vi­sée agréable qui se regarde faci­le­ment. Ni trop longue ni trop courte : le réa­li­sa­teur n’a pas eu l’ambition de faire un bio­pic exhaus­tif sur la vie de l’écrivain. Le film couvre la période de sa vie entre 1849 (épisode très connu de la condam­na­tion de Dos­toievski suite à sa par­ti­ci­pa­tion au cercle de Petra­chevsky) et 1879 (début de l’écriture des Frères Kara­ma­zov). La jeu­nesse et la fin de la vie de l’écrivain ne sont pas mon­trées. Conti­nue rea­ding

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Filed under DVD / Cinéma

Piero Salzarulo, En attendant Hypnos

L’incons­cience de l’insomniaque

Avec une pré­ci­sion de spé­cia­liste mais aussi de funam­bule, Piero Sal­za­rulo joue la den­te­lière de l’insomniaque pris de fait à son propre jeu. Refu­sant les approches du som­meil dont il obli­tère sciem­ment les signes et les mes­sages, celui-ci fait ce qu’il feint de ne pas voir et vou­loir. Crai­gnant par-dessus-tout l’arrivée du som­meil parce qu’elle repré­sente une perte de conscience donc une perte de contrôle, il devient ce que Beckett nomma « insom­niaque rêveur ». Feindre de ne pas dor­mir — ou comme le sou­ligne l’auteur d’« inven­ter » l’absence de som­meil et « de dor­mir en y pen­sant » — per­met sous cou­vert d’une dou­leur pré­su­mée insup­por­table de faire l’économie de l’affrontement avec les monstres incon­trô­lables de l’inconscient. Sans doute Sal­za­rulo lui-même ne le met –ilpas suf­fi­sam­ment en évidence : il le pressent plus qu’il ne le dit comme si lui aussi — en trop bon cli­ni­cien ratio­na­liste — il crai­gnait les remugles de l’inconscient. Conti­nue rea­ding

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