Georges Bataille, Dirty

Dirty et l’anus solaire : répul­sion et extase

Dans les textes majeurs de Bataille (dont “Dirty” fait évidem­ment par­tie), il n’y a rien à espé­rer ou à connaître. L’héroïne  ins­truit le rejet du bon sens, de la mesure, des lois, de l’idéalisme, de la rai­son. Reste la pré­sence à la fois lar­vée et hys­té­ri­sée de l’angoisse exis­ten­tielle clouée par la mort qui rôde, la perte de soi, le caprice, l’impossible, le rire, la souf­france et le sacri­fice humain. Dirty  en est la vic­time volon­taire au sein d’une para­doxale quête de puis­sance où la cou­pable auto­pro­cla­mée - car exhi­bion­niste  encer­clée - devient une prin­cesse noire puisqu’elle com­pare sa mère à une reine. Conti­nue rea­ding

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Denis Bajram, Valérie Mangin & Jean-Michel Ponzio — Expérience mort , t.1 : « La Barque de Ra »

Et si les portes de l’Au-delà…

La mort ter­ri­fie et fas­cine par le mys­tère qui entoure la “suite”. Les Expé­riences de Mort Immi­nente ne sou­lèvent rien de ce voile. Si quelqu’un pos­sé­dait les moyens et la moti­va­tion suf­fi­santes, pour­quoi n’irait-t-il pas par­cou­rir cette fron­tière ? C’est l’un des thèmes explo­rés dans ce nou­veau dytique. Conti­nue rea­ding

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Filed under Bande dessinée

Blow-up , Antonioni’s classic film and photography

Anto­nioni : l’image autrement

S’il fal­lait remettre la Palme d’Or des Palmes d’Or à un des films qui les a reçues, elle serait accor­dée sans nul doute à celui d’Antonioni, « Blow-up » primé en 1966. Sif­flé par la par­tie d’une cri­tique inter­lo­quée tant il déro­geait aux canons de l’époque, il est devenu un film culte fai­sant de l’image non son objet mais son sujet. Le film met en cause les pièges du visuel comme ceux du visible. Leur inter­ac­tion à la fois nie et ren­force la fonc­tion de l’imaginaire en prou­vant — par la seule beauté de ce que Barthes nomma le fil­mique – qu’il n’a pas la fonc­tion de l’irréel. La fameuse scène ter­mi­nale où le héros au bord d’un néant exis­ten­tiel accepte de jouer une par­tie de ten­nis avec une balle invi­sible l’illustre de manière abso­lue. Conti­nue rea­ding

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Filed under Beaux livres, Chapeau bas, cinéma

Pierre Bordage, Chroniques des Ombres

Et si demain…

Avec la Guerre Froide, la mul­ti­pli­ca­tion des moyens sophis­ti­qués, et effi­caces, pour tuer mas­si­ve­ment des popu­la­tions en lais­sant des ter­ri­toires dévas­tés, la Science-Fiction a eu matière à déve­lop­per des visions post cata­clys­miques. C’est dans ce cou­rant que s’inscrit le nou­veau livre de Pierre Bor­dage, avec une approche inven­tive et innovante. Un qui récit a été écrit pour une paru­tion en feuille­ton en trente-six épisodes, à rai­son de trois par semaine, pen­dant l’été 2013, sur Inter­net. Conti­nue rea­ding

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La vipère (Lillian Hellman/Thomas Ostermeier)

 L’his­toire d’un chan­tage au sein d’une fra­trie minée par la cupidité

On assiste aux pré­pa­ra­tifs effré­nés d’une récep­tion, dans un inté­rieur spa­cieux et luxueux.  Vite le tour­noie­ment des hôtes est pola­risé par la pré­sence de l’invité prin­ci­pal, avec lequel il s’agit de négo­cier. Les affaires vont vite, les pas sont prompts, les paroles bien plus feu­trées que leur sens. Pro­gres­si­ve­ment, on mesure les enjeux qui se nouent, tan­dis que les per­son­nages se montrent ner­veux et sur­faits.  Une musique rare, mais de volume très fort, vient ponc­tuer le pro­pos en en sou­li­gnant l’intensité dra­ma­tique. Sur le pla­teau, la rota­tion d’un vaste disque cou­vrant l’ensemble du salon met len­te­ment en mou­ve­ment les meubles, voire les comé­diens. Les lignes bougent peu à peu, à mesure que les ten­sions se font jour.

The Lit­tle Foxes –Tho­mas Oster­meier © Arno Declair Conti­nue rea­ding

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