Nadia Gilard, Alice… ?

Nadia Gilard et l’amour fou : Alice est bien ici

Nous vou­drions dans l’amour comme ailleurs que tout soit cousu de fil blanc pour redo­rer nos for­tunes amères. Mais rien ne marche ainsi : l’artifice ne pro­duit que de la déso­la­tion. En textes inci­sifs, Nadia Gilard le rap­pelle au sein de houles secrètes et des vents forts même si tout s’affirme sur le ton d’une confi­dence qui n’a rien d’impudique ou d’égocentrique. Il s’agit juste de mettre le lec­teur en conni­vence avec le peu qu’il est lorsqu’il se prive – en bour­reau de lui-même  – de l’essentiel. Conti­nue rea­ding

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David Van Reybrouck, Contre les élections

Un petit livre qui fait tic-tac tic-tac…

En plein coeur de l’été, les effets des élec­tions pas­sées semblent avoir été digé­rés. Des élus ont gardé leur place, d’autres, nom­breux, l’ont per­due. Les élec­tions fran­çaises et euro­péennes de 2014 ont été un moment de rota­tion des repré­sen­tants démo­cra­tiques. Cette mobi­lité est le signe que la démo­cra­tie fonc­tionne. Elle tourne plu­tôt, elle tourne en rond. Et s’enlise. Conti­nue rea­ding

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Brèves n° 104 : le réveil du Paresseux !

Brèves  n° 104 : le réveil du Paresseux !

Brèves, c’est une longue his­toire : elle vient de sor­tir son 104e numéro ! Depuis 1975, quatre fois par an, cette revue est consa­crée à l’actualité de la nou­velle : on y trouve des inédits, et beau­coup d’auteurs qui sont deve­nus célèbres ensuite. D’indéniables talents y figurent donc, et c’est aussi une revue qui donne sa chance à cha­cun d’être publié, chose rare, et garan­tie de qua­lité et de renou­vel­le­ment. Conti­nue rea­ding

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Collectif WAF (We Are French), France(s) territoire liquide

Le pay­sage et après

Formé de jeunes pho­to­graphes et de quelques anciens (dont Ber­nard Plossu), le col­lec­tif WAF a été créé en 2010 par Jérôme Bré­zillon, Cédric Del­saux, Fré­dé­ric Delangle et Patrick Mes­sina. Outre les pho­to­graphes cités se retrouvent des artistes majeurs tels que Fran­çois Dela­der­rière, Bea­trix Von Conta, Elina Bro­the­rus. Tous ces « acteurs » de la scène pho­to­gra­phique contem­po­raine — comme le sou­ligne dans sa pré­face Jean-Christophe Bailly — s’éloignent « des grands élans de répu­bli­ca­nisme nos­tal­gique » et du « pathos du natio­na­lisme ». Ils ont refusé tout aspect com­mé­mo­ra­tif du sol fran­çais si fer­tile en farces mémo­rielles deve­nues « pare-fumets » des temps de crise. Comme le pré­cise encore le pré­fa­cier, sur­git à l’inverse ce qu’il nomme « une dor­mance» propre à réveiller les myopes. Les 43 pho­to­graphes pro­posent des espaces sou­vent incon­grus (pour un ama­teur moyen de pay­sages) et par­fois aux limites indé­cises. Ils semblent venus d’ailleurs et répondent aux nou­velles injonc­tions de la pho­to­gra­phie du pay­sage lorsqu’elle ose ne pas se limi­ter à du repor­tage, du témoi­gnage ou du lyrisme exo­tique de l’intérieur. Conti­nue rea­ding

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Jean-Pierre Faye, Battement

Jean-Pierre Faye et les jockeys boî­teux de l’Histoire

Jean-Pierre Faye est un roman­cier ambi­tieux. Il a fait de la ques­tion poli­tique le sujet même de ses textes sans pour autant prê­cher (ce qui ne sert qu’à conver­tir les convain­cus).  Bat­te­ment, comme les autres livres de la pre­mière époque de l’auteur (publiés ori­gi­nai­re­ment au Seuil), pour­suit un des­sein sin­gu­lier. La nar­ra­tion devient une « chose en souf­france » qui se démul­ti­plie au gré de la pas­sion, de la détresse ou de la pas­si­vité de ses actants,  voire de la géo­gra­phie des lieux et du temps qu’il fait. Le livre (comme son titre peut le lais­ser entendre) est mobile : divers jeux de dépla­ce­ments dans la nar­ra­tion et la construc­tion créent un secret ou plu­tôt ont pour but de ne pas en lais­ser de traces. Mais l’écriture s’inscrit aussi en faux  contre cette volonté de dis­pa­ri­tion afin d’empêcher que les portes de l’histoire ne se referment, non seule­ment sur les pro­ta­go­nistes, mais sur le lec­teur lui-même. Conti­nue rea­ding

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