Anne-Sophie Cochevelou et le “wearable art” : entretien avec la petite fille modèle

Anne-Sophie Coche­ve­lou (Obso­les­cence dépro­gram­mée) fait pas­ser du paroxysme de l’idéal à notre abîme maté­ria­liste. Les éléments de ses œuvres deviennent notre mémoire : elles y laissent plus que leurs traces : leurs han­tises. Elles appâtent notre incons­cient, le concentrent. Elles rap­pellent qu’on n’est rien, à per­sonne. Notre paquet de viande et de nerfs n’est qu’une masse.

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Fabien Vehlmann & Yoann, Les Aventures de Spirou et Fantasio — t. 55 : “La Colère du Marsupilami”

Une tor­nade tachetée !

Fabien Vehl­mann aborde tous les genres scé­na­ris­tiques avec le même bon­heur et le même talent nar­ra­tif. Pour cet album, son cin­quième dans cette série des Aven­tures de Spi­rou et Fan­ta­sio qui a vu un des plus grands écrire des his­toires, il peut redon­ner la vedette à cet ani­mal mythique dont les capa­ci­tés sont pra­ti­que­ment sans limites.
Et le scé­na­riste s’en donne à cœur-joie pour en inven­ter de nou­velles et faire vivre des moments dra­ma­tiques aux deux héros qui ont à se défendre des attaques liées au res­sen­ti­ment de l’animal et des traî­trises que peut écha­fau­der le cou­sin voyou.

Spirou exa­mine avec aga­ce­ment des pho­tos offertes par Don Contralto où appa­raît le Mar­su­pi­lami. Fan­ta­sio est mobi­lisé par le numéro spé­cial qui aurait dû être ter­miné depuis la veille. Mais, dès qu’ils parlent de l’animal, ils sont de mau­vaise humeur. C’est égale­ment le cas du comte de Cham­pi­gnac, lors d’une fête au vil­lage.
Et sou­dain, Spi­rou com­prend qu’ils ont été sou­mis à la zor­glonde dont un des effets est de gom­mer les sou­ve­nirs. Zan­ta­fio, qui se planque dans une région gla­cée, tente de se faire de l’argent, par Inter­net, avec l’arnaque de l’héritage pro­vi­den­tiel. Mais la trans­pa­rence du réseau per­met à la Mafia rouge et à une hackeuse, amie des héros, de retrou­ver le fugi­tif. Ces der­niers réus­sissent à le sous­traire aux Russes. Il avoue non sans peine, pour se refaire après l’affaire du Fai­seur d’or, avec la zor­glonde, avoir convaincu les deux amis de rame­ner le Mar­su­pi­lami en Palom­bie où il a pu le vendre à un richis­sime autoch­tone.
Spi­rou décide de retrou­ver son ami, un Mar­su­pi­lami très en colère pour avoir été aban­donné par nos héros. Il entraîne, contre leur gré, Fan­ta­sio et son cou­sin. Quel va être l’accueil de cet ani­mal vif comme l’éclair et capable d’une grande brutalité ?

Si l’attention de Spi­rou est entiè­re­ment tour­née vers le Mar­su­pi­lami et son désir de le retrou­ver comme ami, celle de Fan­ta­sio est tout autre. Il est mobi­lisé par la réa­li­sa­tion d’un numéro spé­cial et, usant des moyens modernes de com­mu­ni­ca­tions, tente de mener à bien cette réa­li­sa­tion depuis la jungle la plus épaisse. L’auteur s’amuse, et nous amuse, avec les excès de ces tech­no­philes, ren­voyant nombre de lec­teurs vers leur propre image, face à ces addic­tions modernes.
Il joue avec tous les registres de l’humour, avec un second degré, qu’il maî­trise fort bien comme, par exemple, quand Fan­ta­sio prend connais­sance d’un cour­riel et qu’il s’écrie : “Quoi !? Vehl­mann et Yoann sont encore en retard ?!

On retrouve, en intro­duc­tion une his­toire des aven­tures du Mar­su­pi­lami au sein de la série, his­toire qui a été inter­rom­pue pour des affaires de droits, ceux rela­tifs au petit ani­mal reve­nant aux héri­tiers de Fran­quin. Mais le rachat de cette société par Dupuis per­met de le faire ren­trer en toute léga­lité. Au des­sin, Yoann anime le Mar­su­pi­lami de belle façon, en res­pec­tant les stan­dards “fran­qui­niens” de la plus belle manière. Cepen­dant, il sait aller au-delà et s’affranchir de cer­taines contraintes pour don­ner libre cours à son style.
Ce 55e album se lit avec grand plai­sir pour une intrigue inven­tive et créa­tive, un scé­na­rio tonique et un gra­phisme de belle facture.

serge per­raud

Fabien Vehl­mann (scé­na­rio), Yoann (des­sin), Fred Blan­chard (design), Lau­rence Croix (cou­leurs), Les Aven­tures de Spi­rou et Fan­ta­sio, t. 55 :  “La Colère du Mar­su­pi­lami”, Dupuis, mars 2016, 64 p. – 10,60 €.

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Regina Demina, L’avalanche

L’ava­lée, l’avalanche : Regina Demina

Telle une « bonne » étoile  qui ose ima­gi­ner l’improbable, le moyen-métrage de Regina Demina est fas­ci­nant. Les silences (entre 4 séquences « musi­cales ») se méta­mor­phosent en flammes sourdes. Se logeant sous la peau, celles-ci sont ali­men­tées par quelques images secrètes ou par les trois pro­ta­go­nistes du film ou plu­tôt les deux couples qu’ils forment suc­ces­si­ve­ment. Cha­cun d’eux est magni­fi­que­ment saisi par la réa­li­sa­trice actrice et  porte en lui — du moins la femme puis l’homme que la jeune femme ren­contre — un nar­cis­sisme, une pudeur ou une peur qui laissent l’héroïne sinon auto­nome du moins clan­des­tine et seule. Conti­nue rea­ding

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Jacques Sojcher, Eros errant

A l’article de l’amour baroque

Sous la forme de courts frag­ments d’amour et de mémoire, Eros Errant pro­voque la tra­ver­sée auto­bio­gra­phique d’une vie le plus sou­vent mar­quée (exis­ten­tiel­le­ment et phi­lo­so­phi­que­ment ) par la pré­sence de Tha­na­tos. Ce qui ne va pas sans entre­te­nir avec la femme des rap­ports com­plexes mais qui la peuvent ravir.
Comme par exemple la « femme au léo­pard » sor­tie, dit le poète, d’un tableau du Doua­nier Rous­seau et dont il « désire son désir » en lais­sant son propre plai­sir dans le ves­ti­bule de l’alcôve aux délices. Conti­nue rea­ding

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Elise Bergamini, Livre

Elise Ber­ga­mini et l’ineffable

Chaque œuvre d’Elise Ber­ga­mini crée d’étranges atte­lages entre l’épure et ce à quoi elle ren­voie. Existent par ce biais des dis­cor­dances augu­rales à une autre vision de monde. Le fémi­nin y est repris en main par la créa­trice. La pro­fon­deur du pro­pos ne sup­prime pas pour autant une forme légè­reté.
Le jeu de l’ineffable pro­voque à la fois un écart et un accrois­se­ment là où les ébauches des sil­houettes vives sont ados­sées au silence. Conti­nue rea­ding

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