Marco Helena, Womanoïd

g Abîmes et assomptions

Marco Helena a choisi de “par­ler” des femmes qu’il a croi­sées. Il les sai­sit, dit-il, “à l’état natu­rel et libre d’expression dans un cadre pri­vi­lé­giant une nar­ra­tion poé­tique” tout en pré­ser­vant un réa­lisme pour rap­por­ter leurs his­toires afin de “tra­ver­ser des fron­tières sociales, bous­cu­ler l’immobile”.

D’où ces suite de tête-à-tête, avec des femmes amou­reuses ou seules,  modèles ou mal à l’aise devant la caméra, punks, per­oxy­dées, tatouées, les­biennes, hété­ros, com­plices, secrètes, liber­tines ou tra­vailleuses du sexe, étu­diantes ou chô­meuses, fonc­tion­naires ou libé­rales, filles ou mères.
Le tout en une mise à nu sans dis­tance ni tabou, pour atteindre une vision aussi réa­liste que poé­tique, mélan­co­lique ou/et intense à tra­vers quatre temps : Lost Angeles, Youn­ger, Starr et Paradise.

Il s’agit du deuxième ouvrage pho­to­gra­phique de Marco Helena — après Fémina, paru en 2016. Dans les deux livres se pose la même ques­tion : pour­quoi cacher ce qu’on ne sau­rait voir ? là où le por­trait devient un rapt ouvrant sur des abîmes et des assomptions.

jean-paul gavard-perret

Marco Helena, Woma­noïd, édi­tions les Presses Lit­té­raires, 2021, 116 p.

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Jean-Christophe Derrien & Remi Torregrossa, 1984

Une belle dénon­cia­tion de la dictature 

1984 est un texte dur, fort, cruel à l’image de ces dic­ta­tures, de ces tyran­nies qu’il dénonce et qu’il ridi­cu­lise d’ailleurs. En effet, sous ses pro­pos des­crip­tifs le roman­cier affûte un second degré où perce un humour noir, voire très noir. Il s’amuse avec les slo­gans, avec les noms des minis­tères et leurs fonc­tions, avec la nov­langue que des agents appau­vrissent au fil des années pour que les gens n’aient plus le voca­bu­laire pour pen­ser et s’exprimer.
On ne peut s’empêcher de pen­ser à un Trump qui ne sait uti­li­ser que des tweets de 280 carac­tères maxi­mum. Conti­nue rea­ding

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Daniel Pozner, Liserongles

propre nature de l’écriture

Daniel Poz­ner est adepte du crayonné poé­tique avec ici plus par­ti­cu­liè­re­ment, dit-il, “Une manière de poly­èdre, avec rhi­zomes et épines”. Preuve que sa géo­mé­trie dans l’espace n’est pas des plus simples. Et d’ajouter pour preuve de son incon­sé­quence notoire : “Le sens s’en va, le sens revient.” Conti­nue rea­ding

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Carlo Pettinelli, 37,4

“37,4″ le matin

Le virus ins­pire toute une série de démarches artis­tiques et pho­to­gra­phiques. Celle de Carlo Pet­ti­nelli est ori­gi­nale car elle maté­ria­lise le thème sans tom­ber ni dans le réa­lisme ni en un pur sym­bole.
Pre­nant comme base la tem­pé­ra­ture limite avec laquelle tout humain est offi­ciel­le­ment consi­déré comme sain, l’artiste ita­lien indique par ces images le fran­chis­se­ment d’une telle bar­rière. Conti­nue rea­ding

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Wilfrid Lupano & Stéphane Fert, Blanc autour

D’une actua­lité confondante !

Lorsque le pré­sent copie l’Histoire, que les évé­ne­ments se répètent, que les mêmes mots ne dési­gnent pas les mêmes réa­li­tés, quand conquête héroïque sup­plante ignoble mas­sacre, ou l’inverse, selon ceux qui les pro­noncent, Wil­frid Lupano cherche à com­prendre, à défaut de répondre. Mais, y-a-t-il une réponse cor­recte ?
Le scé­na­rio qu’il pro­pose est basé sur deux per­son­nages authen­tiques et des situa­tions réelles : Pru­dence Cran­dall, une ensei­gnante, et Nat Tur­ner, un esclave noir. Conti­nue rea­ding

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