Philippe Blanchon, Chevaux des Vagues

L’œuvre sans fin de Phi­lippe Blanchon

Philippe Blan­chon crée une œuvre monu­men­tale où des voix se croisent de manière énig­ma­tique d’un livre à l’autre. La mise en abyme ne cesse de s’approfondir dans un mou­ve­ment autant d’itérations que de ver­tiges. Il vient ren­for­cer le « au com­men­ce­ment la répé­ti­tion » de Michaux. Des scènes s’ouvrent, des voix se mêlent. Temps et lieux font de même au sein d’un laby­rinthe aussi hori­zon­tal que ver­ti­cal. Le poète semble la mesure de toute chose mais les appa­rences sont trom­peuses. La poé­sie est habi­tée de failles. Elles mettent à mal tous les sophistes des pré­ten­dus savoirs. Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Poésie

Philippe Geluck, Le chat passe à table

Un Geluck déci­dé­ment en verve

Ce dix-neuvième album du des­si­na­teur belge et père du Chat est, comme le pré­cé­dent déjà chro­ni­qué ici, un bel objet en soi, puisqu’il s’agit en fait d’un cof­fret de deux albums à l’italienne (« Il n’y a pas un chat » et « Le chat est parti »), agré­menté de la Gazette du Chat, le tout concocté par Phi­lippe Geluck. Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Bande dessinée

Shuntaro Tanikawa, L’Ignare

Quand les poèmes se font iconoplasties

En entrant dans la vieillesse, Tani­kawa écri­vit un recueil rare, cris­tal­lin et grave où « le poème ne pro­met rien ». La sim­pli­cité pousse le poème jusqu’à une sorte de cynisme. Lorsqu’il évoque par exemple la mort de son père : « Comme il était très maigre / J’ai pensé / Qu’on ne pour­rait en faire que de la soupe » écrit-il lorsqu’on lui annonce le rite funé­raire qui attend son géni­teur. La poé­sie devient une méthode cri­tique qui oblige à repen­ser le réel et tous ceux et ce qui nous plongent dans son chaos. Mais l’œuvre est tout autant l’expression directe d’un ins­tinct de sur­vie. Elle donne forme au fond le plus pro­fond du sans fond en un para­doxal appel à la luci­dité . Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Poésie

E. Herzet & A. Coppola, Duelliste t.2 : “De Verre et d’Acier”

De cape et d’épée, un genre qui se renouvelle

De d’Artagnan à Lagar­dère, les bret­teurs n’ont rien perdu de leur attrait et Les Trois Mous­que­taires res­tent une valeur sûre. Il suf­fit, pour s’en convaincre, de voir le nombre de films que leurs aven­tures génèrent. Aussi, un retour aux sources du genre, pimenté d’alchimie et de pierre phi­lo­so­phale, n’est-il pas une pro­messe de lecture-plaisir ? Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Bande dessinée

Florence Grivel & Julien Burri, Ice & Cream

Petites et grosses rêveuses

Julien Burri et Flo­rence Gri­vel pro­posent une gram­maire sans règles par les gâte­ries qu’ils mettent en scène. Qu’importe si le sucre nous gan­grène. Il crée de fait le trop de ventre et de fesses. Mais il suf­fit de zap­per sur l’après pour suc­com­ber à l’avalanche de crème gla­cée d’autant que les deux créa­teurs nous rap­pellent de ne plus avoir peur de mou­rir par ce qui fait du bien. Certes, Burri reste lucide et met en évidence l’ambiguïté des crèmes gla­cées : « Ce sont des pétards, des bombes puantes, des cor­nets sur­prises, des arcs-en-ciel et des aurores boréales ». Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Erotisme, Poésie