Claire Morel : disparitions, lits et ratures

Claire Morel fait glis­ser les mots vers le silence et les images vers l’effacement. Tout pour­tant fait image et mot même lorsque la pre­mière et le second dis­pa­raissent. Repre­nant des œuvres capi­tales (telles que « Tous ceux qui tombent » et « L’image » de Beckett) l’artiste les mutile de diverses façons. De la pièce de l’auteur, elle ne garde que les didas­ca­lies, du second texte uni­que­ment la ponc­tua­tion. On pour­rait voit là un « simple » coup à la Duchamp : mais tout est plus sub­til et per­ti­nent. Claire Morel sou­ligne l’insatisfaction que porte en elle l’écriture ou l’image. Leur « réa­lité » échappe. Demeurent néan­moins non seule­ment l’amorphie, l’inanité mais un drame ou une attente de ce qui ne (se) ras­sem­blera plus. Conti­nue rea­ding

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Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Inclassables

Christine Drews, Ennemie intime

Le dan­ger vient tou­jours de nos proches

On connaît assez peu d’auteurs alle­mands qui s’essaient avec suc­cès au roman poli­cier et qui réus­sissent à nous faire oublier cer­tains ins­pec­teurs clas­siques mis en scène sur le petit écran. Or avec ce pre­mier roman, Chris­tine Drews réus­sit avec cré­di­bi­lité à prendre une place dans la liste déjà bien four­nie des pros du thril­ler. Elle nous pré­sente un sus­pense psy­cho­lo­gique où men­songes et mani­pu­la­tions se mettent en place pour le plus grand plai­sir du lec­teur. Conti­nue rea­ding

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Filed under Pôle noir / Thriller

Enseigner la philosophie avec le cinéma (dir. Hugo Clémot)

Ensei­gner la phi­lo­so­phie avec le cinéma ou les séries télé­vi­sées est une pra­tique de plus en plus répan­due. Ce n’est pas seule­ment que les réfé­rences audio­vi­suelles consti­tuent désor­mais, pour la plu­part des élèves, un héri­tage cultu­rel com­mun qui joue ainsi le rôle qu’ont pu jouer dans le passé les grands textes reli­gieux, phi­lo­so­phiques ou lit­té­raires, ni que l’usage d’internet a per­mis, depuis une dizaine d’années, une démo­cra­ti­sa­tion de la ciné­phi­lie sans pré­cé­dent. Il est d’autres bonnes rai­sons, péda­go­giques et didac­tiques, de pro­po­ser un ensei­gne­ment ciné­ma­to­gra­phique de la phi­lo­so­phie, des rai­sons que ce livre cherche à arti­cu­ler en met­tant à la por­tée de tous les pra­tiques et les doutes, les expé­riences et les réflexions de douze jeunes pro­fes­seurs qui ont accepté d’ouvrir aux lec­teurs la porte de leur salle de cours et de les lais­ser obser­ver la fabrique et la mise en œuvre d’un cours de phi­lo­so­phie en ce début de XXIe siècle. Conti­nue rea­ding

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Sanda Voica, Epopopoèmémés

Fugues de Sanda Voïca

Sandra Voïca ose enfin par­ler et écrire, écrire et par­ler après un long temps d’abstinence ou de matu­ra­tion. Certes, elle va encore à pattes de velours : d’où le titre « Epo­po­poè­mé­més ». Le terme frôle l’épopée mais la nuance très lar­ge­ment de macu­la­tions (« le popo ») déri­soires. Cela n’empêche pas cer­taines envo­lées mys­tiques de celle qui « entend des voix » et à même voulu « pho­to­gra­phier Jésus ». Conti­nue rea­ding

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Filed under Poésie

Tatiana de Rosnay, Manderley for ever

« …les écri­vains ne devraient avoir peur de rien, ni de per­sonne, si ce n’est de ne plus pou­voir écrire. »

Attri­buée à Daphné du Mau­rier, cette for­mule de Tatiana de Ros­nay sonne juste et résume l’esprit de cette bio­gra­phie qui rend un vibrant hom­mage à l’auteure qui a ins­piré la roman­cière de Elle s’appelait Sarah. Il suf­fit de se pro­me­ner avec l’épais ouvrage en ques­tion dans les rues pour obser­ver la réac­tion des gens : fort peu connaissent cette si volon­taire Daphné du Mau­rier née en 1907, petite-fille de George du Mau­rier (devenu l’auteur du roman culte, cher aux sur­réa­listes, Peter Ibbet­son, sur les conseils de Henry James) qui a écrit quinze romans – l’on peut citer : L’Auberge de la Jamaïque, Ma Cou­sine Rachel, Les para­sites, Le Bouc-Emissaire -, de nom­breuses nou­velles et plu­sieurs bio­gra­phies. Et quand ils la situent, c’est d’une manière assez dédai­gneuse, comme s’il s’agissait là, hor­mis le mythique Rebecca de 1938 ensuite porté à l’écran par Hit­ch­cock (lequel s’emparera de manière non moins notoire, ce qui ne veut pas dire fidèle, de Les Oiseaux), d’un écri­vain mineur. Conti­nue rea­ding

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