Fabienne Jacob, Mon âge — Rentrée 2014

Else se meurt jamais

A la méca­ni­sa­tion chro­no­lo­gique du temps, Fabienne Jacob pré­fère la syn­thèse. Une dyna­mique rem­place la pro­gres­sion iné­luc­table par une sté­ri­li­sa­tion excluant la nature nor­ma­tive de Chro­nos. Plu­tôt que d’être engagé dans un temps admi­nis­tra­tif, le roman gagne en intel­li­gence par une inter­pré­ta­tion poé­tique où l’autre (enten­dons l’Else du livre) est un je. Conti­nue rea­ding

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Entretien avec Frédéric Grolleau (Sumo)

Et si. Et si tout n’était que faran­dole et pré­texte à rire – jaune par­fois – de ce monde qui marche sur la tête ? Pre­nant le parti d’occire Nico­las Rey, écri­vain trop mon­dain à ses yeux, Fré­dé­ric Grol­leau nous délivre, dans son cin­quième roman qui paraît début décembre 2014,  une leçon de luci­dité piquante de véri­tés oubliées et de constats aber­rants. Ce qui devrait nous miner le moral s’affirme ici, dans l’exaltation d’un style ébou­rif­fant truffé de maximes déca­lées, comme un élixir de jou­vence pour l’esprit. Sla­lo­mant entre les pon­cifs et les idées reçues, F. Grol­leau remet tout en pers­pec­tive : de l’islamisation des ban­lieues à la sexua­lité eth­nique, de l’anthropophagie comme art d’être ensemble au détour­ne­ment des pro­duits déri­vés en icônes de la culture de masse. Le tout serti d’un fil rouge empreint d’un érotisme épique – et phi­lo­so­phique – qui n’est pas sans rap­pe­ler les frasques de San Anto­nio. Conti­nue rea­ding

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Simona Fedele, Paintings and Icons

Résur­rec­tion des vies minuscules

Simona Fedele pro­voque l’insurrection de sil­houettes : le banal de l’apparence est trans­formé selon la belle hypo­thèse d’un art de veille construit pour intro­duire de la magie dans une société d’hier ou d’aujourd’hui qui en manque. Sans se vou­loir enga­gés ou poli­tiques, des­sins et pein­tures jouent de l’effacement afin de faire renaître l’image de ses manques pre­miers. Par­tant du “pré-texte” d’un docu­ment ico­no­gra­phique, l’artiste le ranime en de nou­velles marges. Conti­nue rea­ding

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Appollo & Hervé Tanquerelle, Les Voleurs de Carthage — t. 2 : La Nuit de Baal Moloch

Le plus grand casse de l’Antiquité ?

Carthage, ville mythique s’il en est, a fait trop d’ombre à Rome, une situa­tion qui ne plaît pas du tout aux maîtres de la Ville Éter­nelle. Car­thage doit être prise, détruite, rasée. C’est dans ce cadre qu’Appollo place son scé­na­rio, un récit très humo­ris­tique appuyé sur deux magni­fiques losers. Conti­nue rea­ding

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La Mission (Heiner Müller/Michael Thalheimer)

Le texte reste lui-même dis­tant à l’égard des sujets qu’il traite

Une forme se meut len­te­ment : il s’agit d’une rota­tion, celle d’un monu­men­tal rouage à quatre branches, qui finit par lais­ser appa­raître un per­son­nage grimé, sali, aviné comme un clodo. L’argument est connu ; il est énoncé par l’ivrogne : alors qu’outre-mer on répand la bonne parole, les chan­ge­ments de pou­voir inter­ve­nus en France la rendent obso­lète. Napo­léon a pris en main les affaires de l’Empire et réta­bli l’esclavage : les mis­sion­naires de la liberté, char­gés de pro­vo­quer le sou­lè­ve­ment des peuples asser­vis, sont donc dépos­sé­dés du prin­cipe de leur fonc­tion. Le décor reste sombre, presque noir ; l’inexorable cré­ne­lage pour­suit sa rota­tion lente en ne s’arrêtant que par inter­mit­tence au cours de la repré­sen­ta­tion. Le texte se pro­pose d’explorer les ten­sions inhé­rentes à l’entreprise fran­çaise dans son ambiguité.

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