Henri Michaux, Figures (exposition)

Répul­sion et fas­ci­na­tion des images

On se sou­vient de la phrase de Win­nie dans Oh les beaux jours : “Assez les images”. Cet appel, Michaux le réitère afin que l’image devienne non seule­ment une ombre pas­sa­gère mais pour qu’elle se réduise dans son ima­gi­naire pro­vi­soi­re­ment déré­glé. L’artiste crée « Igno­rant, incons­cient pour avoir avalé cette drogue, en somme quasi pour m’en débar­ras­ser ». Sen­sible à l’étroite parenté qui relie son inter­ro­ga­tion fon­da­men­tale à la réflexion sur l’image et la pen­sée, l’artiste a créé des œuvre deve­nues clas­siques. Conti­nue rea­ding

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Jean Esponde, Le désert, Rimbaud

Le retour au désert

Jean Esponde, plus qu’un autre, sait que les « pas » de Rim­baud ne pou­vaient qu’aller vers les ailleurs. D’où, ici, son retour sur un épi­sode peu connu de la vie du « déser­teur » : sa tra­ver­sée de l’Afar entre la Mer Rouge et les mon­tagnes éthio­piennes. L’auteur pro­pose un récit où se mêlent les mots du poète. Ceux-ci par exemple : « l’action n’est pas la vie mais une façon de gâcher quelque force, un éner­ve­ment ». Cette phrase d’ Une Sai­son en Enfer, Beckett la fit sienne et elle pré­lude à ce voyage ou Rim­baud devient nègre blanc et anti­co­lo­nia­liste de manière native. A par­tir de cette pré­fi­gu­ra­tion, Jean Esponde construit sa propre tra­ver­sée sous l’égide du per­dant magni­fique capable de tou­cher un ici et un main­te­nant, une sorte d’avant être ou d’un deve­nir de tou­jours. Conti­nue rea­ding

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Fabien Nury & Sylvain Vallée, Katanga – t.2 : “Diplomatie”

Un pur régal 

Fabien Nury, qui a déjà épous­tou­flé les ama­teurs de belles et bonnes bandes des­si­nées avec, par exemple, W.E.S.T.Silas CoreyNécro­mancy… signe un récit presque contem­po­rain dans un pays en crise après l’indépendance. Les nou­veaux maîtres du pays sont aussi avides que les pré­cé­dents et tous veulent cette pro­vince pour ses richesses minières. Il met en scène dans une ronde immo­rale, dans une fuite en avant déses­pé­rée, des sol­dats de for­tune, des poli­ti­ciens cor­rom­pus (mais n’est-ce pas un pléo­nasme ?), des indi­vi­dus que le hasard a pla­cés dans ce maël­strom de vio­lence et qui tentent de res­ter en vie à défaut d’atteindre la richesse. Conti­nue rea­ding

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Fabienne Raphoz, Parce que l’oiseau

La néces­saire oisiveté

Au moment où l’Europe a perdu 420 mil­lions d’oiseaux, la poé­tesse Fabienne Raphoz argu­mente un chant qui — parce qu’il semble hors du monde — se retrouve en son milieu là où un Tro­glo­dyte mignon l’accompagne pour com­men­cer son livre où appa­rem­ment la vie se joue en mineure. La consigne que se donne la poé­tesse est de ne rien brus­quer ni de pré­tendre à trans­for­mer le monde ou la lit­té­ra­ture. Il n’y a là ni bon, ni méchant : il n’existe qu’une rêve­rie plus ou moins soli­taire de l’ornitophile. Elle quitte un moment la ville pour se perdre dans les bois. Conti­nue rea­ding

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Jennifer Avery, Dolls

Dolléance

Les pou­pées de Jen­ni­fer Avery expriment une sen­sa­tion de l’ineffable, cet inef­fable qui éty­mo­lo­gi­que­ment ne se parle pas, ne peut être ver­ba­lisé mais qu’on découvre dans les oeuvres de l’artiste. Elle pose la ques­tion du corps dési­rant de la mater­nité et du corps enfan­tin. Mais il y a plus : la pou­pée devient l’objet tran­sac­tion­nel et son corps un moyen d’affiner le regard. La pou­pée n’est donc plus une simple façade ou miroir.
Se crée un étrange dia­logue entre l’œuvre et ceux qui la contemplent. Il y a là une pro­messe d’un autre hori­zon, d’une autre aven­ture, plas­tique mais aussi exis­ten­tielle. Conti­nue rea­ding

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