Georges-Henri Soutou, La grande illusion. Quand la France perdait la paix, 1914–1919

La France et la paix pen­dant la Grande Guerre

Au sujet de la Grande Guerre, l’air du temps n’est pas à l’étude des diri­geants et sur­tout pas des géné­raux ! On leur pré­fère la vie quo­ti­dienne des poi­lus, leur men­ta­lité, leurs gestes de tous les jours… Plus c’est petit, mieux c’est. Néan­moins, qu’aurait été la vie de ces mil­lions d’individus sans les déci­sions prises par « ceux d’en haut » ? L’histoire politico-stratégique demeure donc indis­pen­sable. On ne peut alors que saluer le tra­vail de Georges-Henri Sou­tou qui tranche avec la mul­ti­tude des livres parus dans le cadre du cen­te­naire. Conti­nue rea­ding

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Nicole Hardouin, Fontaines carnivores

Le livre de l’oubli

Il est par­fois des livres qu’on rate à leur publi­ca­tion : ce n’est pas une rai­son pour les pas­ser sous silence. Ils méritent une recon­nais­sance même tar­dive car leur force reste intem­po­relle. Fon­taines car­ni­vores de Nicole Har­doiuin fait par­tie de ces textes. Ce superbe poème sug­gère la force et l’impossibilité de l’amour. Et ce, loin de toute pos­ture nar­cis­sique. Il échappe à l’aspect auto-fiction en don­nant un sens géné­ral à une aven­ture humaine où beau­coup pour­ront se recon­naître. Tout est « dit » par la puis­sance allu­sive, cou­pante de la poé­sie sculp­trice de sens. Nicole Har­douin y rap­pelle ce que Ber­nard Noël évoquait : « Le corps n’a pas lieu tout le temps ». Il faut entendre par ce mot chez la poé­tesse non seule­ment la chair mais ce qui la façonne d’âme, de cœur, de conscience et d’inconscient. Ce der­nier joue des tours : il empêche la pers­pec­tive d’atteindre toute échéance. Conti­nue rea­ding

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Yann & Roman Surzhenko, Les Mondes de Thorgal — “Louve” t.5 : Skald

Une digne fille de héros !

Souvent, dans les séries, le héros éclipse par son aura et son omni­pré­sence des per­son­nages pour­tant riches en poten­tia­li­tés. Aussi, quand des scé­na­ristes se penchent sur ceux-ci, ils apportent des com­plé­men­ta­ri­tés inté­res­santes. C’est le cas, notam­ment, avec Thor­gal qui croise le che­min de deux femmes remar­quables : Louve, sa fille, et Kriss de Val­nor, son enne­mie. Yann ima­gine un par­cours mou­ve­menté pour la fillette qui pos­sède le don de dia­lo­guer avec les ani­maux. Conti­nue rea­ding

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Les mots, les îles (désertes) et la peinture : entretien avec l’artiste Delphine Vincent.

Delphine Vincent joue des codes cultu­rels par l’intrusion des mots dans la pein­ture, de la pein­ture dans les mots. Ces der­niers sortent de leur bain pour entrer dans un autre où l’émotion prend le pas sur l’identification abs­traite. Les deux repré­sentent la double face de la même bles­sure ou de la même joie voire d’une jouis­sance cuta­née grâce à la « peau » de la pein­ture. Del­phine Vincent reste à la recherche d’un « fir­ma­man » contre la seule loi écrite des pères. Il y a là moins scis­sion qu’attraction. Le mas­cu­lin s’étonne devant le fémi­nin. Et vice-versa. L’artiste ne cherche pas à éluci­der la ligne de démar­ca­tion : elle la brouille. Signes et formes se font légers ou lourds : il y a autant d’envols que de poids de l’interdit.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Le soleil, indé­nia­ble­ment.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Ma vie aujourd’hui.

A quoi avez-vous renoncé ?
A essayer de chan­ger les autres. Conti­nue rea­ding

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Nadine Agostini, Dans ma tête

Dans la vraie vie

Née en 1960, à ce qu’il paraît — et si on la croit -, Nadine Agos­tini consulte chaque année les maga­zines de consom­ma­teurs qui étudient et ana­lysent les pro­duits anti­rides. « Son père n’était pas Arsène Lupin. Sa mère n’était pas Mari­lyn Mon­roe. En consé­quence, Nadine Agos­tini n’est pas Rita Hay­worth. Le pre­mier jour du mois, elle mange des len­tilles » ajoute-t-elle en pros­cri­vant un je qui reste pour elle tou­jours un autre. Sa vraie vie est donc un roman qu’elle décline par anti­phrases avec Dans ma tête et selon l’injonction de la phrase (de Henry James) qu’elle affec­tionne : “Il est temps de vivre la vie que tu t’es ima­gi­née.” Conti­nue rea­ding

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