Juliette Brevilliero & Julia de Souza, Nouvelles amours

Les jeux de l’amour

Dans le pli des sur­faces de répa­ra­tion (géné­ra­le­ment de l’amour), les deux créa­trices déclenchent un nou­veau jeu de l’amour. Découpes, esquisses, cou­lées créent une nudité presque irré­vo­cable — l’adjectif est impor­tant. Juliette Bre­vil­liero et Julia de Souza déclinent des acci­dents (par­fois drôles) des par­cours et parades amoureux.

Le noir et blanc devient ici plus jeune que vieux et pour que la vie trou­blée per­dure. Images et texte poé­tiques deviennent des téles­copes. A tra­vers eux, quelques traces perlent et parlent même lorsque la nuit hisse éven­tuel­le­ment un mur de l’intimité si haut.
Com­ment savoir qui se cache der­rière? Ou plu­tôt com­ment savoir ce qui se cache des­sous ? Les pho­tos et la poé­sie non recouvrent mais découvrent.

Les deux artistes jouent, closent et ouvrent à la fois. Elles s’y ajustent ou par­achèvent bien des moments d’aventure voire d’expérimentions enjouées où s’allonge leur écho : une évi­dence en cares­sant juste ce qu’il faut l’essence des sens.
La pers­pec­tive se creuse afin que l’horizon recule. Ce tra­vail devient le moyen d’exhiber le lieu où sont cachés les êtres, leurs attentes ou leur apai­se­ments. Pré­ludes et achè­ve­ments aux lon­gueurs variables imposent désordre, glis­se­ments. Voire l’écart, l’écartement mais jamais la déchi­rure là où tout est immo­bile et mouvant.

jean-paul gavard-perret
 
Juliette Bre­vil­liero & Julia de Souza, Nou­velles amours, Edi­tions Alo­pex, 2024, 84 p. — 39,00 €.

Leave a Comment

Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Chapeau bas, Erotisme, Poésie

Maurice Renoma, Photos Ratées, Photos Brûlées (exposition)

Hors Cadres

La pho­to­gra­phie chez Renoma échappe à tout contrôle afin de créer des mou­lages par­ti­cu­liers de l’imaginaire. Lequel devient l’écran dif­fracté d’un espace excen­tré et mobile, cen­tré et immo­bile. Le créa­teur s’y perd en des pen­sées selon un méca­nisme men­tal que la mai­son (en désordre ou non) de son être accorde tou­jours. Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Arts croisés / L'Oeil du litteraire.com, Chapeau bas, Erotisme

Maurizio Serra, de l’Académie française, Munich 1938 — La paix impossible

Le sym­bole d’une capi­tu­la­tion face à une dictature !

Munich 1938, plus pré­ci­sé­ment les 29 et 30 sep­tembre, voit la mise à mort de trai­tés de paix et livre la Tché­co­slo­va­quie à l’appétit d’un dic­ta­teur. C’est la der­nière ten­ta­tive d’entente diplo­ma­tique entre les puis­sances euro­péennes : deux démo­cra­ties, la France et le Royaume-Uni, deux dic­ta­tures, le Troi­sième Reich et l’Italie fas­ciste. Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Chapeau bas, Essais / Documents / Biographies

Exercice d’intelligence : entretien avec l’auteure Olivia-Jeanne Cohen (L’image de soi)

Culti­vant la beauté et la rigueur intel­lec­tuelle, Oilvia-Jane Cohen est une hédo­niste sans sacri­fier à la moindre paresse. Ses inter­ro­ga­tions sur le sens de sa vie sont nom­breuses en osant des points de fixa­tion contre ce qui fut et en pro­po­sant des méta­mor­phoses. Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Chapeau bas, Entretiens, Essais / Documents / Biographies, Romans

Cavalières (Isabelle Lafon)

© Laurent Schneegans 

 Inter­lo­cu­trices de l’interstice

Un che­min de lumière appa­raît sur scène ; quelques femmes y cherchent leur ins­crip­tion, finissent par prendre une posi­tion et s’épandre. Avec un dis­cours vif, expres­sif, cha­cune des pro­ta­go­nistes tend à racon­ter son rôle dans cette his­toire. Conti­nue rea­ding

Leave a Comment

Filed under Théâtre