Daniel Dezeuze, Battements, chemins

Dezeuze et le pas­sage des rythmes

Le ” sans-forme ” n’est pas l’informe chez Dezeuze. La plé­ni­tude ouverte n’est pas sans confins. Les formes se fixent selon des tra­mages, claies, clô­tures et selon les rythmes de leurs struc­tures et de leurs croi­se­ments. La pein­ture devient matrice et attente dans cet excès qui n’est pas l’ordre du nombre et de la répé­ti­tion mais du retrait, de la dis­tance au moment où pour­tant quelque chose prend forme contre le néant et le hante. L’art devient le lieu où l’image à la fois se délite et résiste. Le rem­part des mon­tages frange une forme encore à venir. Une telle pein­ture rend ainsi le néant plus proche et plus loin­tain à la fois. Car voici le para­doxe : le visible semble se dis­soudre dans le néant qu’il dis­sout. Cette ren­contre est dési­rable pour cer­tains. Néces­saire pour tous. Conti­nue rea­ding

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Zidrou et Matteo, Marina — t. 2 : “La prophétie de Dante Alighieri”

La Séré­nis­sime malmenée…

Marina, la fille mau­dite d’Andrea Dan­dolo, le Doge de Venise, a fui Dou­lo­po­lis, l’île où sont rete­nus tous les otages pris par les pirates. Cepen­dant, elle est enceinte des œuvres de Brago, son tor­tion­naire. Son père, devant son état, la répu­die et l’envoie dans un couvent.
De nos jours, le Conseil des Dix est réuni car la situa­tion est grave. La ville doit faire face à une Acqua Alta d’une ampleur sans pareille. Une des ter­ribles pré­dic­tions de Dante Ale­gieri semble sur le point de se réa­li­ser. Le pro­fes­seur Boc­ca­ne­gra, fai­sant des recherches sur l’épave de la mythique Pan­te­gana, a retrouvé un élément de la pré­dic­tion. Conti­nue rea­ding

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Gaël Pietquin, Rouge palpé

Les anti-thèses de Gaël Pietquin

La méta­phy­sique n’est pas la seule à naître du lan­gage. La sen­sua­lité le peut tout autant. L’écriture « parle » le para­dis d’en Haut comme celui d’en bas, plus doc­tri­na­le­ment dit l’enfer. Elle sur­git aussi du choc de ce haut et de ce bas, moins pour leur caté­go­rie que par leur dis­sy­mé­trie. Piet­quin, jeune poète belge éton­nant, le prouve. Construit en cas­cade, son livre ne lance pas de vérité frac­tale mais des énon­cés para­doxaux source d’un uni­vers archaïque mais qui renoue avec un esprit post­mo­derne des plus aigui­sés, imper­ti­nents et habiles. L’aporie évite tout coming-out. Conti­nue rea­ding

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Sur la piste des Indiens des Plaines

Si, comme moi, vous avez lu Gos­cinny, vous connais­sez l’essentiel sur les Indiens : le sor­cier qui fait la danse de la pluie, les Pieds-Bleus, l’homme-médecine, les bâtons qui crachent le feu, l’eau-de-feu, le XXe de cava­le­rie, les per­son­nages qui s’expriment comme les Noirs chez Hergé… C’est suf­fi­sant pour tenir un cer­tain temps dans une conver­sa­tion mon­daine. Mais si vous vou­lez appro­fon­dir votre connais­sance, vous pou­vez uti­le­ment vision­ner ce DVD qui retrace, en 52 minutes, l’âme et la culture des Indiens à leur âge d’or, au début du XIXe s. Conti­nue rea­ding

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Celui qui a renoncé (provisoirement ?) à faire des films : entretien avec Richard Texier.

Richard Texier rameute les formes géo­mé­triques les plus simples et leurs assem­blages et cou­leurs pour dia­lo­guer avec les forces du monde. Contre l’imprévisibilité d’un chaos sur­gissent des formes rondes qui para­doxa­le­ment n’existent pas iso­lé­ment. Tout com­mu­nique et se répond dans des simi­la­ri­tés dont les cou­leurs se trans­forment et reviennent là où le pas­sage est la seule règle. Apo­gée et déclin, plein et vide, ombre et lumière, blanc et cou­leurs per­mettent la pré­sen­ta­tion d’un seul cos­mos où tout se concerte et s’harmonise.
Tout élément appelle autre chose que lui-même dans une ten­sion et un mini­ma­lisme d’énergie. De telles œuvres deviennent le raf­fi­ne­ment de l’univers qui s’organise au sein de matrices dont le for­ma­lisme abs­trait n’est pas méta­phy­sique mais donne au monde des situa­tions d’équilibres. La dyna­mique cir­cu­laire crée une poly­pho­nie colo­rée. Elle met en mou­ve­ment l’énergie selon un fonc­tion­ne­ment par­ti­cu­lier où rai­son et sen­sa­tion ont par­ties liées afin de créer une poé­sie optique. Elle rejoint autant le champ expé­ri­men­tal que la célé­bra­tion déga­gée des mag­mas tel­lu­riques et du tohu-bohu.
Une genèse empreinte des points d’appuis et de liai­sons crée les signes fluides capables de conden­ser le vivant dans un uni­vers aussi stable que vibrant. Il offre ordre et sens dans une esthé­tique aussi simple qu’insondable et dont la rigueur est syno­nyme d’ivresse paradoxale.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Le désir

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Mes œuvres

A quoi avez-vous renoncé ?
Au cent mètres, je suis un cou­reur de fond Conti­nue rea­ding

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